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L’usage de la baïonnette

 

Si après avoir fait feu, un corps d’infanterie se trouve assailli par un corps de cavalerie,  le premier rang fait un demi à droite en saisissant de la main droite la poignée du fusil et l’abat à la hauteur du poitrail du cheval, pendant lequel temps les deux autres rangs font le feu de file.

Cette manœuvre est très avantageuse pour l’infanterie dans les combats de ce corps contre la cavalerie ; car, pendant que le premier rang forme un rempart hérissé de baïonnettes et les deux autres rangs faisant feu, comme je l’ai dis ci-dessus, ils en tuent d’autant plus qu’ils sont plus à portée, et par ce moyen tous les coups sont portants.

 

L’infanterie fait encore usage de la baïonnette lorsque la munition manque et qu’elle veut par un coup de force, ou vendre cher son dernier instant ou remporter une victoire complète

Rien n’effraye et n’intimide plus une armée quelconque que la marche sage et tranquille d’une ligne d’infanterie qui, au moment d’être attaquée, conserve son courage et son sang-froid, malgré les décharges réitérées.

On se sert encore de la baïonnette pour surprendre ou pour enlever un poste placé dans une position qui pourrait être secouru, si l’attaque est annoncée par des décharges.

Le commandement est "  La baïonnette , en avant "

Ce temps s’exécute en deux mouvements. Les soldats du premier rang doivent, au premier mouvement, exécuter ce qui est prescrit au premier temps de la charge, c'est-à-dire, faire une à droite en portant le pied droit derrière le gauche, la boucle touchant le talon gauche. Au second mouvement, les soldats baissent l’arme, la laissant tomber dans le pli du bras gauche, placent leur main gauche contre la platine, le pouce en - dessus, les quatre doigts en - dessous, le long de la sous-garde, la main droite à la poignée du fusil, en baissant les armes.

Le second rang portera le pied droit sur le côté, à huit pouces du gauche, les talons sur la même ligne.

Le troisième rang portera le pied gauche sur le côté, à huit pouces du droit, pour pouvoir s’emboîter dans le second rang. Le second et le troisième rang auront soin de retirer un peu leurs crosses en arrière, afin que les pointes des baïonnettes ne touchent pas le premier rang.

Le premier rang aura soin d’avoir les armes horizontalement placées, et celles des deux autres rangs un peu élevées.

Après cette manœuvre, on fait porter les armes.

Au commandement "  portez, armes "  , les soldats reprennent leur première position, position que l’on a vue tracée ci-dessus.

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