L'uniforme du Tambour et du Fifre
Le dictionnaire militaire de l’encyclopédie.
Ceci est conforme à un usage ; mais n’est point l’effet d’une règle. Les règlements ne connaissent pas de fifres. Cette fonction s’est éteinte sans avoir été supprimée; il y à 30 ans que les régiments n’avaient point de musique, ou du moins point de musique reconnue par les règlements; mais par bataillon il y avait 2 clarinettes et 1 fifre pour accompagner les tambours. Ces soldats ont été peu à peu changés en musicien, et ont cessé de jouer pendant les batteries.
Le porte-fifre se compose de deux bandes de buffle réunies par une couture, comme les colliers de caisses; les deux autres extrémités sont jointes par une plaque de cuivre jaune portant le numéro du régiment. Il est soudé sous cette plaque deux pontets de laiton, qui traversent la banderole, et sont fixés par une attache de buffle.
La largeur de la banderole est de 68mm, (2 pouces ½), sa longueur dépend de la taille du musicien-fifre.
L’étui qui renferme le fifre est un cylindre de cuivre jaune divisé en deux parties inégales, séparées, et qui se réunissent au moyen d’une coulisse circulaire. Ces deux parties portent chacune dans une direction verticale, un anneau dans lequel passe une attache de buffle qui les retient lors de leur séparation. La longueur et le diamètre de cet étui sont proportionnés à la forme de l’instrument. La plus longue partie de l’étui porte 3 tenons percés d’un trou à jour, qui traversent une plaque de même métal, fixé sur la banderole par une attache de buffle.
En 1804, l' Empereur ordonna d'armer les sapeurs, les tambours et les musiciens avec des mousquetons. Pour surenchérir, le maréchal Soult ordonna au 4è corps, le 12 juillet 1805, que les fifres seraient armés de mousquetons comme les musiciens, lorsqu'ils auraient la force de les porter. Ce n'était probablement pas le cas de Petit Louis qui servait comme triangle dans la musique du 69è de ligne à qui on n'avait pas donné de mousqueton. Aussi, lors d'une revue de l'Empereur il résolut de réclamer contre cette injustice. Il a raconté la scène dans ses mémoires ( soldats suisses au service de la France; Mémoires du Petit Louis, J-L Sabou, musicien de la Grande Armée 1803-1804 ) : " Lorsque l'Empereur fut près de moi, j'ôtais mon chapeau à cornes et lui dis : Sire, je n'ai pas de mousqueton ......- Quel âge as-tu ? .......- Sire, 12 ans .... - Il me passa sa main blanche sous le menton pour me relever la tête que je tenais inclinée, puis passa et ce fut là sa seule réponse "
Les mousquetons ainsi distribués au camp de Boulogne ne furent d'ailleurs maintenus qu'aux sapeurs. On ne voit pas au surplus comment les tambours et les musiciens embarrassés de leurs instruments auraient pu s'en servir. Ces armes étaient des mousquetons de cavalerie, modèle an IX, auxquels on avait enlevé la tringle et ajouté des battants pour pouvoir y mettre une bretelle. Ces mousquetons avaient 1m 114 de longueur totale, 758mm de longueur pour le canon. Les garnitures sont en fer ( sauf l'embouchoir qui était en cuivre ) soit, tout en cuivre.
"Armement et équipement de l'infanterie Française" ; J. Margerand , Les éditions militaires illustrées