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Le sapeur d'infanterie

 

Armement des sapeurs

 le sabre

Les sapeurs dans les régiments d’infanterie furent reconstitués à l’époque du Consulat et rétablis officiellement seulement par un décret du 7 avril 1806 à raison de quatre sapeurs par bataillon. Ces sapeurs étaient pris dans les compagnies de grenadiers, devaient porter le sabre briquet, mais dès l’origine de la garde consulaire parmi les objets de luxe fournis en 1801 figurent 52 «  sabres à coque «  ( à coq ) au prix de 36 francs pour les sapeurs, 12 pistolets pour idem à 17fr15 et 48 haches à 36 francs.

Dans son aide mémoire pour 1809, Gassendi ne parle que du sabre des sapeurs de la garde impériale dont la lame légèrement cambrée, évidée, a une petite gouttière ou passe-creux tout le long du dos qui est taillé en scie et qui coûte 41fr78.

Beaucoup de colonels s’empressèrent de copier pour leur régiment l’exemple donné par la garde du gouvernement et armèrent leurs sapeurs avec des sabres similaires.

Ces armes, fabriquées par l’industrie privée présentent des modèles très différents plus ou moins riches selon les ressources de la masse noire dont pouvait disposer le chef de corps qui les faisait faire. La poignée, sans branche, est tantôt droite, tantôt légèrement recourbée en avant, tantôt lisse avec des facettes tantôt recouverte de plumes.

La tête de coq ciselée qui la termine est modelée de diverses façons, le bec ouvert avec une longue crête ou bien le bec fermé avec une crête plus ramassée, très variable aussi est le dessin de la croisée, et son ornementation, quelques-unes sont plates et lisses avec ou sans filets, d’autres portent à leur milieu une tête de méduse, les unes se terminent par des quillons, d’autres sont droites ornées aux extrémités de tête de bélier. Il n’est d’ailleurs pas toujours facile de préciser l’époque de ces sabres dont la mode s’est prolongée dans l’armée jusque sous la Restauration et beaucoup plus tard dans la garde nationale.

Si les sabres de sapeurs étaient de différents modèles, leurs haches n’offraient pas moins de variété. L’organisation des sapeurs s’étant faite successivement, séparément et par chaque demi-brigade isolément, celles-ci pour la plupart avaient acheté leurs haches dans le commerce, un petit nombre seulement avait été tiré des arsenaux où elles étaient déposées depuis 1777.

 

La hache

Le 13 juillet 1805, le ministre de la guerre, dans un ordre daté de Boulogne adressé à l’armée, n’exigeait qu’une condition : les haches des sapeurs, disait-il, doivent être de bonne trempe et propres à tous les services auxquelles elles sont destinées. Mais déjà il constatait que la plupart des sapeurs dans les régiments n’étaient armés que de haches de parade et malgré tous les efforts elles restèrent disparates jusqu’à la fin de l’Empire.

Un décret du 25 février 1806 prescrivit que les haches de sapeurs seraient uniformes, semblables en tout à de bonnes haches de charpentier, et que le Ministre directeur de l’Administration de la Guerre en déterminerait la forme, qui ne pourrait être changée sous aucun prétexte. Ce dernier se contenta d’envoyer sans conviction la circulaire suivante aux conseils d’administration des corps d’infanterie :

 

«  Paris, le 10 juillet 1808

 

« Le ministre de la Guerre m’informe, Messieurs, que les haches des sapeurs diffèrent de beaucoup dans leurs proportions et il m’invite à prescrire la régularité nécessaire dans cette partie d’équipement.

« Comme il importe que tous les corps soient pourvus de haches d’égale grandeur absolument uniformes, vous voudrez bien désormais tirer celles dont vous avez besoin pour vos sapeurs de la manufacture impériale de Charleville ou de celle de Klingenthal, seuls établissement qui fournissent des outils en ce genre à l’artillerie et qui sont pourvus de modèles adoptés.

« Je vous salue avec considération

« Dejean » 

 

Cette circulaire, qui ne s’appliquait qu’aux outils à acheter à l’avenir, fut certainement soigneusement enregistrée, étiquetée et classée pour pouvoir s’y reporter le cas échéant, mais comme les haches devaient durer vingt ans, c’était plus que le laps de temps qui restait à l’Empire et la date de leur renouvellement le dépassait largement.

L’uniformité ne put être réalisée que sous la restauration, mais les haches restèrent toujours des outils de parade et leur tranchant eut été incapable de résister à un choc trop violent.

 

Le règlement de Bardin de 1812 :

 

Hache de sapeur

 

95 : Composition de la hache

-         Les sapeurs porteront une hache forte conforme au dessin gravé n° 95. Cette hache, susceptible d’être employée au travail sera composée d’un fer, d’un manche et d’une poignée.

 

96 : Fer

-         Le fer de la hache, qui se divisera en lame et en marteau, aura 300 mm, mesuré d l’extrémité du marteau au tranchant.

 

97 : Marteau

-         Le marteau, qui débordera le talon de la hache de 35 mm, aura à sa surface 55 mm de hauteur sur 45 mm de largeur ; à sa jonction sur le talon, le marteau aura 45 mm de hauteur sur 20 mm de largeur.

 

98 : Talon et œil de talon

-         La talon aura 80 mm de hauteur y compris sa gorge ; cette gorge qui viendra affleurer la partie supérieure du manche aura 15 mm de hauteur ; l’œil, qui sera de forme ovale, aura 50 mm d’ouverture sur 35 mm et sera recouvert d’une plaque en cuivre entrant de 40 mm dans le bois du manche ; l’épaisseur du tour de l’œil sera de 7 mm.

 

99 : Lame

-         La lame du fer de la hache aura 200 mm depuis le dessous du manche jusqu’au bas du taillant. Le taillant aura 140 mm de hauteur ; le dos, ou partie supérieure de la lame, qui formera un peu le cintre, viendra en amincissant jusqu’au taillant, il aura 10 mm d’épaisseur mesuré à 70 mm du taillant ; le dessous de la lame portera la même épaisseur que le dos et ne sera cintré qu’auprès du collet.

 

100 : Manche

-         La manche aura 1 mètre de longueur y compris la poignée et la plaque de cuivre qui le surmontera ; son épaisseur à la hauteur de la gorge du fer sera de 60 mm sur 40 mm ; il ira en s’amincissant et son épaisseur dans le reste de la longueur sera de 40 mm sur 30 mm.

 

101 : Poignée

-         La poignée du manche sera en cuivre et formera une forte douille dans laquelle s’enclavera à affleurement l’extrémité inférieure du manche. Cette poignée, qui sera coupée en biseau, dont la partie la plus longue règnera au-dessus du manche, aura d’un côté 80 mm de hauteur et de l’autre 100 mm, non compris un bouton en forme de cul de lampe qui se terminera par une rivure et aura 10 mm de hauteur sur 15 mm de largeur.

 

 

Le porte hache des sapeurs

 

L’état des effets de troupes doivent se pourvoir sur leurs masses, approuvés par le Ministre de la Guerre le 26 octobre 1801, contient la description d’un porte hache pour les sapeurs du génie.

Un certain nombre de régiments qui formaient leurs sapeurs à cette époque empruntèrent cet effet d’équipement et le donnèrent à leurs sapeurs.

La garde consulaire leur avait donné l’exemple : on relève sur le compte des objets fournis en l’An X la livraison de 52 porte-haches garnis pour sapeurs au prix de 26 francs ( au lieu de 6fr25 ; pris du tarif de 1801 ), 52 baudriers à 9fr50 et 52 ceinturons pour fontes de pistolets avec plaque au prix de 20 francs

 

Description du 26 octobre 1801

 

Porte-hache en buffle.

L’étui, de 13 pouces ( 351 mm ) sur 9 pouces de large ( 243 mm ) du côté du tranchant de la hache et du côté du manche, un coffret de la largeur de 4 pouces ( 108 mm ) sur 2 pouces et demi de hauteur ( 67 mm ) ; un recouvrement de 9 pouces de longueur ( 243 mm ) sur 2 pouces 9 lignes de large ( 74 mm ). Deux contre-sanglons de 6 pouces ( 162 mm ) avec 2 boucles à ardillons de cuivre et passants en buffle, une courroie de buffle de 3 pouces de large ( 81 mm ) et de 5 pouces de long ( 135 mm ) avec un passant dans le milieu pour tenir le manche de la hache, de la largeur de 16 lignes ( 34 mm ) ; prix 6fr25

La durée du porte-hache avec son étui a été fixé à 20 ans par une décision du 28 novembre 1811 qui mettait cette dépense à la charge de la masse d’habillement. Cette décision paraîtrait démontrer que cet effet était d’un usage général à cette époque. Mais les dessins de l’époque et les réclamations adressées au Ministre directeur de l’administration de la guerre témoignent que dans beaucoup de corps les sapeurs n’ont que la giberne ordinaire.

 

Règlement manuscrit de Bardin 1812 :

Le dessus de la pattelette du porte-hache devait être orné de deux haches croisées en cuivre, la banderole en buffle blanc de 70 mm de large portant à 480 mm de son extrême gauche un passant en buffle blanc pour le manche de la hache.

Dimensions du porte-hache : longueur 320 mm, hauteur au tranchant 180 mm, hauteur au marteau 90 mm.

 

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