Capitaine, sergent , caporaux et caporal fourrier

Sommaire :

9/12/2004

Fifre et tambours: Mes compagnons d'armes: Nouveaux conscrits : Cantinières:

Capitaine

sergent

caporaux

caporal fourrier

Voir le sommaire des devoirs du sergent

Voir le sommaire des devoirs du fourrier

Voir le sommaire des devoirs des caporaux :

 

Organigramme pour la composition d'une compagnie de grenadiers de ligne

Capitaine

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sergent

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Devoirs du sergent

 sommaire :

1. Grade, fonctions, etc

2. En route, au camp, en détachement

3. Sergent de semaine

4. Sergent de ronde

5. Sergent instructeur

 

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  1. Grade, fonctions, etc.

 

Le titre de sergent est un des plus anciens termes du langage militaire ; a son origine, il signifiait simplement « homme au service ». Depuis Louis XII, cette expression a désigné le grade des sous-officiers de la première classe. On calculait ordinairement dans les ordonnances de composition, à raison d’un sergent pour 20 soldats. Le calcul est aujourd’hui à raison d’un sergent pour 30 soldats.

Le sergent commandait les postes depuis 12 hommes jusqu’à 18 et un caporal ; et même 24 hommes et 2 caporaux. L’augmentation de force des compagnies veut que les postes qu’il est susceptible de commander s’élèvent jusqu’à 30 hommes. Au dessus de ce nombre, le poste est commandé par un officier, sous l’autorité duquel le sergent  maintient l’ordre et assure l’exactitude.

Le sergent n’a de tambour sous ses ordres qu’à la garde de police en garnison, ou bien à la garde du camp.

Le cas où il commande une garde d’honneur, est celui où cette garde est accordée à un tribunal de première instance.

Il a deux fonctions distinctes à remplir, la surveillance et le service.

La première s’exerce continuellement sur les caporaux ;  les détails de la seconde attribution se ramifient suivant les différents emplois qu’il exerce comme sergent de semaine, de planton, de garde, de ronde, en détachement, sergent-instructeur, sous-officier de remplacement, d’encadrement, garde-enseigne, guide de gauche, guide général, et serre file.

Le devoir de sergent, ne consistant pour ainsi dire que dans l’exécution des ordres qu’il reçoit, dans l’application des règlements qu’il est censé connaître, dans la surveillance par laquelle il maintient les caporaux dans l’observance continuelle des devoirs qui vont être expliqués, etc. ; il suffit d’en parler ici d’une manière succincte.

Le sergent, chef de subdivision, est responsable de ses deux escouades envers le sergent-major et les officiers de la compagnie ; il en fait l’appel devant eux ; il tient inscription des effets de linge et chaussure des hommes composant sa subdivision, et assiste aux inscriptions faites sur leurs livrets.

En garnison, les sergents logent et font ordinaire ensemble, mettant à l’ordinaire 5 centimes de plus que le soldat, à l’ordinaire duquel ils ne peuvent vivre qu’en campagne, ou bien s’ils sont séparés du bataillon ; en tout temps, ils sont exempts des corvées d’ordinaire et de chambrée. Les sergents d’une même compagnie logent à la caserne dans une même chambre, et ils couchent deux à deux en route.

C’est un sergent qui est chargé de porter le mot d’ordre aux généraux de brigade, etc.

 Sommaire des devoirs du sergent

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  1. En route, au camp, en détachement

 

En route, ils ne doivent jamais coucher ni loger avec les soldats. Dans la colonne de route, ils se tiennent aux ailes des pelotons, et des sergents restent de bataillon en bataillon, dans les villages, pour empêcher qu’aucun soldat ne s’y arrête.

Les sergents portent les grands bidons de vinaigre et sont responsables de la marmite de supplément.

Au camp, les sergents prennent le commandement de la tente ou ils se trouvent, et y couchent avec les soldats. A l’arrivée au camp, le sergent commandé a cet effet, va planter le faisceau à la place marquée.

Lorsqu’ils y sont de police, ils replient, couchent, plantent et déploient les drapeaux.

Au camp, le sergent de piquet assiste au cercle de l’ordre. Le sergent des gardes extérieures est chargé d’aller à la découverte.

Ce sont les sergents de garde des postes du camp qui vont reconnaître avec quatre fusiliers, les troupes ou officiers généraux qui passent ; ils crient « halte là, qui vive ? » et après qu’il leur a été répondu « France », ils demandent «  de quel régiment ou de quel grade ? ». Quand ils ont reconnu la troupe, ils détachent un des quatre fusiliers au commandant du poste, et ne laissent passer qu’après que l’ordre leur en a été envoyé.

Le sergent envoyé en détachement, ne part point sans avoir dressé un contrôle des hommes qui le composent, afin d’en pouvoir tenir jour par jour les mutations. Il s’assure qu’ils sont porteurs de leurs livrets, que le prêt et les distributions leur sont faites, et qu’ils n’ont aucune réclamation à élever. Il fait l’inspection de leur armement, habillement et chaussure.

Il emporte, s’il y a lieu, un certificat signé du conseil d’administration qui constate jusqu’à quelle époque a été payée la troupe. Il marche comme il est dit. Il se fait précéder d’une petite avant-garde, et d’éclaireurs s’il est nécessaire.

Lorsqu’il est rendu à sa destination, il établit sa troupe dans le plus petit espace possible ; il se loge au centre. Il pose sa garde de police, ainsi que les postes qui garantissent sa sûreté. Il indique un lieu du rassemblement en cas d’alarme. Il fait la reconnaissance des environs de ses logements, des gués, des défilés, des chemins par lesquels l’ennemi pourrait déboucher. Il combine ses issues et le moyen de retraite, dans le cas où il serait poussé par un ennemi supérieur ( En supposant que son ordre ne l’obligeât pas de se battre jusqu’à la dernière extrémité ) ; il prend toutes ses mesures de défense, comme abatis, barricades, fossés, retranchements, etc., et il se fait aider, s’il est nécessaire, par les habitants du lieu. S’il est à proximité de l’ennemi, il défend à sa troupe de se déshabiller la nuit, et de quitter le poste pendant le jour. En tout état de choses, il veille à ce que sa troupe ne se dissémine pas, qu’elle vive en bonne intelligence avec les habitants, qu’elle respecte les personnes et les propriétés ; qu’elle se rende exactement aux appels, et qu’elle reçoive ses distributions avec régularité ; il visite souvent les logements ; il passe des inspections et des revues de ses soldats ; il fait des rondes ; il commande des patrouilles ; il fait chaque matin le rapport et donne l’ordre du jour. Il fixe les heures de la retraite, suivant la saison.

 Sommaire des devoirs du sergent

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  1. Sergent de semaine

Le sergent de semaine concourt à remplir les devoirs prescrits, et se trouve chargé de les accomplir, toutes les fois que le caporal de semaine est absent.

Le sergent de semaine ne peut quitter la caserne sans être convenu avec le caporal que celui-ci sera présent pour répondre à tout en son absence. Le sergent de semaine envoie par écrit, après l’appel du matin, au commandant de la garde de police, les noms et les numéros des chambres des soldats indisposés.

Il passe à neuf heures et demie, l’inspection des hommes de garde que lui amène le caporal de semaine, examinant d’abord la tenue des hommes, et  s’assurant ( si c’est en hiver ou dans le mauvais temps ), qu’ils sont revêtus des vieux habits distribués aux compagnies pour le service ; il se fait ensuite accompagner de ce même caporal, pour examiner les soldats, homme par homme. Il se fait rendre compte du nom des hommes qui manquent, et de la cause de leur absence.

A dix heures et demie, quand on bat les trois roulements, le sergent de semaine conduit ses hommes à l’officier de semaine.

A l’instant de la soupe du matin, le sergent de semaine remet à l’officier de semaine ( qui doit aussi y assister, hormis les jours d’exercice, parce qu’alors la visite des chambrées ne se fait qu’à l’heure du souper ), le nom des hommes qui n’y ont pas été présents.

Le sergent de semaine se rend sur la place d’armes, en même temps que les gardes du jour. Il s’y place en bataille, ayant son fusil sans baïonnette, son sabre et point de giberne ; il assiste ensuite au cercle de l’ordre. De retour au quartier, il donne l’ordre de service aux caporaux.

Lorsque les gardes rentrent au quartier, et qu’elles ont monté la garde avec les armes chargées, il veille à  ce que les fusils soient déchargés sous ses yeux avec un tire-balle.

Sommaire des devoirs du sergent

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4. Sergent de ronde

 

La ronde est un moyen de surveillance qu’un sergent, commandé à cet effet, exerce sur les sentinelles des postes, en parcourant les remparts.

Les rondes simples se font le plus ordinairement pendant la nuit ; elles diffèrent de la ronde major, en ce qu’elles ont pour objet de tenir les sentinelles en éveil, et de voir ce qui se passe hors la place ; et que le bute de l’autre est de s’assurer, en outre, si tous les postes ont exactement le mot d’ordre, et si les chefs de poste font régulièrement poser les sentinelles aux lieux ordonnés.

Dans les garnisons, les sergents, ou sergents de garde, peuvent être commandés de «  ronde » comme les officiers ; mais ceux des grenadiers ne sont point sujets à cette espèce de service.

Les officiers et sous-officiers de « ronde » sont porteurs d’un « marron » ou pièce de cuivre ou de fer blanc percée en son milieu, et sur laquelle est indiquée l’heure de la ronde.

Ils glissent ce marron dans un tronc ou il s’enfile sur une fiche soudée en dedans ; ils signent en outre sur un registre destiné à cet effet, sans laisser d’intervalle entre leur signature et celle qui précède ; par ce moyen, ils fournissent à l’état-major la preuve qu’ils ont ponctuellement obéi à l’ordre de l’aubette ou de la parade, qui les commandait de « ronde ».

Les sous-officiers portent eux même leur fallot, et sen mettent en marche en suivant exactement le parapet, après avoir pris le mot du commandant du poste d’où la « ronde » a dû partir.

Si les rondes font quelques découvertes qui intéresse la sûreté de la place, elles en avertissent les postes voisins, et vont en informer de suite le commandant de la place. Si le bon ordre est troublé, elles préviennent le poste le plus voisin. Si les sentinelles sont en faute, les rondes en avertissent le commandant de leur poste.

Quand deux rondes se rencontrent, la première qui découvre l’autre crie « qui vive ? », l’autre répond « ronde » en disant de quelle espèce. La première s’annonce ensuite, et, quand elles se joignent, le grade inférieur, ou à grade égal, le militaire du moins ancien régiment donne le « mot » (1). si le grade et le régiment étaient le même, la ronde, qui la première à découvert l’autre, a le droit d’exiger le mot. Dans tous les cas, c’est à la ronde major à recevoir le mot.

Dans les circonstances extraordinaires, il est fait des contre-rondes et doubles-rondes.

Au camp, il est fait la nuit des rondes par un adjudant-major, pour s’assurer si les sergents et leurs fusiliers sont en règle. Elle équivaut à la ronde-major, avec cette différence, que cet adjudant-major se fait reconnaître en donnant le mot.

 

(1)   Règlement de service du 1er mars 1768, tit.15, art. 27. Une explication plus précise serait à désirer ; l’ancienneté de régiment est ici une expression vague, puisque le numéro de régiment ne l’indique point. Si l’une des rondes appartient à un régiment de la ligne, et l’autre à un régiment d’infanterie légère, qui tous deux auraient le même numéro, quelle est la ronde qui donne le mot ?. Si elles appartiennent à des troupes nationales et étrangères d’ancienneté égale, la difficulté est la même.    retour

 

 

5.   Sergent instructeur

S’il est chargé de l’instruction des travailleurs, il leur donne leçon deux fois par semaine, depuis le 1er mai jusqu’au 1er août et trois fois par semaine, depuis le 1er août jusqu’au 1er octobre.

Voici la définition des termes élémentaires les plus usuels. Un instructeur doit se pénétrer de leur sens exact, pour pouvoir faire avec précision l’explication et la démonstration des principes qu’ils expriment.

Notions générales :

Théorie

Démonstration et explication des principes ; C’est en général une étude spéculative

Files

C’est un composé d’hommes les uns derrière les autres, à un pied de distance. Elles se forment de trois hommes en temps de guerre, de deux hommes en temps de paix. Nous n’avons pas vu la formation sur deux rangs être usitées, si ce n’est pendant quelques temps, par l’infanterie légère.

Files ouvertes, ou rangs ouverts

C’est un composé d’hommes à un mètre ( 3 pieds ) de distance, quand on est en march. A 2 mètres ( 8 pieds ), quand on est de pied ferme.

Files en arrière d’un seul côté

Mouvement qui a pour principe de présenter le premier rang sur le front et sur un flanc

Files en arrière de deux côtés

Mouvement qui a pour principe de présenter le premier rang sur le front et les deux flancs

Chef de file

Sous-officier ou soldat derrière lequel un autre marche soit par le flanc, soit en colonne, soit en bataille

Serre-file

Officier ou sous-officier placé pour la surveillance des rangs qui le précèdent. Il est en quatrième rang en temps de guerre, en troisième rang en temps de paix

Rangs

Composé d’hommes coude à coude, ne devant occuper qu’un demi-mètre ( un pied et demi ) d’espace.

Front

Face d’un rang, soit en bataille, soit en colonne.

Ordre ou ordonnance

La formation actuelle d’une ligne s‘appelle « ordre mince ». le mot « ordre » s’applique plus particulièrement aux grandes opérations et à la disposition des différentes armes.

Hauteur

Signifie épaisseur. On dit être sur deux ou trois de hauteur.²

Formation

Etablissement ou rétablissement en bataille d’une troupe dispersée ou en colonne. La formation en bataille d’une colonne, dont les subdivisions conversent, pour se former en ligne sur l’un des flancs, a lieu de pied ferme au pas ordinaire ; mais Sa Majesté fait souvent former en marchant et au pas accéléré.

Rétablissement en front des files d’une subdivision mises en arrière. Réunion de deux subdivisions qu’on avait rompues en marchant ; ( les principes, dans ce dernier cas, consistent à obliquer du côté opposé au guide, et à respecter et conserver la ligne sur laquelle il se prolongeait ).

Tiroir

 On appelle ainsi la place qu'occupe le second rang; il y a une manière de défiler en tiroir non prescrite par l'ordonnance, amis usitée.

Pied ferme

Etat d’immobilité d’une troupe ou d’une partie d’une troupe

Marche

Il n’y en a que trois sortes : en bataille, en colonne, et par le flanc

Par le flanc

Quart de conversion d’un homme

Demi-tour

Demi-conversion d’un homme

Division

Réunion de deux pelotons sous le commandement du plus ancien chef de peloton

Peloton

Compagnie en manœuvre. Le mot compagnie n’étant employé que pour l’administration

Section

Demi peloton

Subdivision

Terme générique qui exprime les fractions d’une colonne, soit qu’on la rompe en divisions, pelotons ou sections

Profondeur

C’est l’épaisseur ou hauteur d’une colonne, de même que la hauteur est la profondeur ou épaisseur d’une ligne

Encadrement

Un bataillon, une division, un peloton, sont encadrés, une section ne l’est pas. On appelle aussi encadrement le sergent de gauche du bataillon.

Rompre

Ployer une ligne de pied ferme au pas ordinaire par subdivisions ( Sa majesté fait ordinairement rompre au pas accéléré ). Ployer, en marche au pas ou au pas accéléré ( une subdivision en deux parties ; dans ce dernier cas, il y a à observer deux principes :

 1° : rompre de manière que la première ou dernière subdivision se trouve en avant, suivant que la colonne marche dans l’ordre direct ou renversé et de manière que la colonne faisant halte après avoir rompu, elle ait ses subdivisions dans une disposition telle qu’elles puissent se reformer en bataille par les principes naturels, sans que l’ordre de ligne soit troublé.

2° : pour rompre, obliquer du côté opposé au guide, et par conséquent négliger et perdre la ligne sur laquelle se prolongeait les guides.

 

Colonne

Ordre d’un bataillon rompu

Colonne à distance entière

Colonne dont les subdivisions sont espacées entre elles, dans une proportion qui égale l’étendue du front d’une de ces subdivisions

Colonne dans l’ordre direct

Ayant la droite en tête

Colonne renversée

Ayant la gauche en tête

Colonne à demi-distance

Colonne dont l’espacement des subdivisions égale un demi-front de l’une de ses subdivisions

Colonne serrée

Colonne dont la proportion des distances est de trois pas. Cet espacement donne à une colonne le nom de « masse »

Déploiement

Formation des colonnes en bataille. Cette formation, au lieu de s’exécuter par le moyen des conversions, s’exécute par la marche des subdivisions qui ( quel que soit leur espacement ), manoeuvrent parallèlement à leur front. Elles se portent, suivant leur ordre naturel, par la marche de flanc d’abord, par la marche de front ensuite, sur la ligne où se trouvent, soit la subdivision de base, soit les subdivisions antérieures. Sa Majesté fait déployer en ne faisant halte que sur la ligne.

Prendre la distance

Rétablir entre les subdivisions, à demi distance ou serrée, un vide presque carré.

Guide

Sergent fermant une aile de subdivision ; le second sergent est guide dans l’ordre direct, le remplacement est guide dans l’ordre inverse. Un guide n’est pivot fixe que dans les conversions pour se reformer ; il n’a de fonctions en bataille que comme jalonneur ; il n’en a point de particulière dans la marche de flanc. Dans une colonne en marche, il n’y a point de cas où il cesse de faire son pas de deux pieds, si ce n’est quand il est ordonné à toute la subdivision de marquer le pas.

Remplacement

Fonction du premier sergent, ainsi désigné parce qu’il prend la place du capitaine, lorsque celui-ci s’absente ; quand on fait par le flanc ; quand on rompt.

Déboîter

Sortir d’un alignement, soit parallèle, soit perpendiculaire. Cesser de faire partie d’une ligne, d’un rang, d’une file. Cette expression s’applique également soit à une subdivision, soit à un individu

Pivot

Homme placé à l’aile sur laquelle appuie la conversion ; il est pivot fixe, s’il doit stationner ou marquer le pas ; il y a des cas où son pas est d’un sixième de mètre ( 6 pouces ) ; d’autres, où il est d’un tiers de mètre ( un pied )

Aile

Chaque extrémité d’un front

Conversion

Circulation autour d’un centre, de manière à regagner le point du départ. La conversion par rangs, opérée de pied ferme, a un pivot qui représente un centre, et une aile marchante qui représente une circonférence. La conversion par homme est égale au mouvement qu’il exécuterait en faisant quatre fois par le flanc du même côté

Conversion de pied ferme ou à pivot fixe

Ce n’est vraiment qu’un quart de conversion à pivot stationnaire

Conversion en marchant ou à pivot mobile

Ce n’est qu’un quart de conversion par rangs

Changement de direction

Portion de conversion d’une subdivision sur un angle variable. Les conversions d’un bataillon en marche s’appellent « changement de direction » ; les changements de direction d’une colonne en marche s’appellent « conversion »

Demi à-droite

C’est la huitième portion d’un cercle ou le demi-quart de conversion, soit d’un rang, soit d’une ligne sur plusieurs rangs

Contre-marche

Mouvement qui rétablit l’ordre direct d’une colonne ou qui produit l’effet opposé ; l’emploi de ce mouvement résulte de cette règle, qu’une colonne ne doit jamais marcher ni par le pas en arrière, ni par son troisième rang. Son principe est de faire toujours par le flanc du côté opposé au guide, et par file du côté du premier rang.

Ligne de bataille

Ordre d’un bataillon en bataille sur deux ou trois rangs. Détermination du lieu où on veut le former. Réunion d’un nombre indéterminé de bataillons en bataille. On distinguera 1ère et 2ème ligne ; elles sont à 196 mètres ( 300 pas ) de distance. Le passage  des lignes est la marche par laquelle la 1ère et 2ème ligne se traversent mutuellement.

Echarper

Marcher en bataille sur une ligne fausse, une aile étant trop en avant par rapport à l’autre

Potence

Disposition d’une troupe qui marche en arrière et perpendiculairement à un front, soit de subdivision, soit de bataille, et dont le plan peut se comparer à la forme d’un manche de hache. La potence est le contraire du « crochet »

Intervalle

Espace vide entre les bataillons en bataille ; il doit être maintenant à 30 mètres ou d’un demi-front de peloton. Espèce d’embrasure ou meurtrière à l’usage de l’artillerie de campagne. Une ligne pleine est une ligne sans intervalle

Border la haie

Former plusieurs rangs en un seul. Recoudre les trois rangs sur une même ligne

Inversion

Formation en bataille, la gauche en tête

Sergent d’encadrement

Celui qui est placé à l’aile gauche du bataillon en bataille

Caporal d’encadrement

Celui qui est placé à l’aile gauche du troisième ra,g du bataillon en bataille

Flottement

Déviation et bris d’alignement d’une troupe qui marche en ligne, sur une fausse perpendiculaire

A coups

Temps d’arrêt. Résultat du flottement

Carrés

Front quadruple, ou formation quadrangulaire, face en dehors. C’est presque toujours un parallélogramme

 

Sommaire des devoirs du sergent

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Sources : Manuel d'infanterie Bardin 1813 ( Paris )

Transmises par Frank Simon ( Bibliothèque Royale de Bruxelles )

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Caporal fourrier:

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Devoir du fourrier

Sommaire :

1.Ancienneté, rang, etc.

2.Livre de détail , livret

3.Objets de tenue, petite monture

4.Marque des effets

5.Différents numéros de soldats

6.Réparations, feuilles d'habillement

7.Comptabilité, signalements

8.Hommes entrant aux hôpitaux

9.Distributions

10.Feuille de décompte

11.Congés

12.Petits congés, Semestriers, Déserteurs.

13.Veille du départ

14.En route

15.Au camp

 

 1.Ancienneté, rang, etc.

 Le fourrier, dont on prétend que le nom dérive du mot fourrage, doit se trouver à toutes les distributions, sous les ordres de son lieutenant ou sous-lieutenant ; il est l’économe et l’écrivain de la compagnie (1) ; il est chargé des logements. Cette dernière fonction est celle qui a été le plus anciennement exercée par les fourriers.

Après avoir été réformés, les fourriers ont été rétablis en 1758, et leur rang a varié depuis 1762 ; ils marchaient à cette époque après les sergents ; peu de temps après, la dénomination de sergent fourrier fut donnée au premier bas officier de chaque compagnie. En 1776, le fourrier passa après le sergent-major, et avant les autres sergents ; il portait deux galons d’or ou d’argent sur le dehors de la manche au-dessus du pli du bras ; il n’en porte plus maintenant qu’un seul ; il n’est que premier caporal ; il jouit cependant de la paie des sergents, et vit, s’il le préfère, à leur ordinaire. Il loge avec le sergent-major ; mais n’a point le droit de coucher seul.

Le placement en bataille du fourrier des grenadiers a été oublié dans le règlement d’exercice de 1791.

La division du travail d’administration entre les sergents-majors et les fourriers demanderait à être précisé. On pourrait dire qu’une compagnie devrait avoir sous la conduite du sergent-major, et sous l’intendance du fourrier.

Le fourrier n’a point droit de signature, tout devant être certifié par le sergent-major et approuvé par le capitaine.

Il tient au courant les inscriptions du livre de détail et du livret du soldat.

 (1) C'est à ce dernier titre qu'il leur est alloué 1 franc 50 cent. par mois, aux frais de la masse générale, pour dépense de papier, plumes, etc. (circulaire du ministre-directeur, du 8 prairial an 12; et règlement du 1er janvier 1792, tit. 4, art 20 )   retour

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sommaire des devoirs du fourrier

2.Livre de détail – Livret.

 

Le fourrier inscrit sur le livre de détail :

1° : le compte ouvert des sous-officiers et soldats pour linge et chaussures ; il fait semblable inscription sur le livret du soldat, où il ne doit rien marquer qu’en sa présence, et sous les yeux du sergent de subdivision et du caporal d’escouade.

2° : L’état nominatif des hommes qui ont un dépôt à la caisse, pour masse de linge et chaussures.

3° : L’état de visite des effets de linge et chaussures ; c’est au moyen du relevé qu’il en fait, qu’on en passe la visite le mois suivant.

4° et 5° : La situation des effets d’habillement, équipement et armement, dont toutes les parties sont distinguées en colonne, désignant les objets bons ou médiocres.

6° : les entrées et sorties des hôpitaux des lieux.

7° : les entrées et sorties des hôpitaux externes.

8° : Les détachés.

9° : Les congés limités.

10° : Les prisonniers de guerre.

11° : Les distributions.

12° : les mutations.

13° : Les effets de casernement.

Livret : le livret est un cahier de 8 à 10 feuillets : la 1ère page mentionne le signalement, la 2ème donne une instruction sommaire sur la destination dudit livret, la 3ème est consacrée aux promotions et campagnes, la 4ème précise la durée des effets, la suite est rayée à deux colonnes pour le compte courant, la 5ème fixe l’état de la première composition du sac. Les dernières pages offrent désignation, date de délivrance, quotité, et époque de recettes des effets d’habillement, linge et chaussures, équipement et armement.

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sommaire des devoirs du fourrier

3.Objets de tenue – petite monture

 

Comme il n’est point prescrit de mesures générales d’administration, sur les moyens de pourvoir aux objets de tenue et de petite monture, dont la quantité, l’espèce, la fourniture et le paiement peuvent différer suivant les corps, les fourriers doivent ( à moins que ce ne soit mentionné à la fin du livret de compte ), tenir un livret d’inscription particulier pour ces objets.

En 1776, il fut établi dans les régiments des magasins de petite monture ; ils furent bientôt supprimés.

Ce fut le fourrier qui resta chargé de procurer aux soldats les moyens de remplacer ces différents objets, quand il fallait les renouveler ou qu’ils avaient perdus ; il remplaçait de même les objets de petit équipement, s’il n’y en avait point au magasin ; ce qu’il faisait par une sage distribution des services payés, des corvées à prix d’argent, et par l’emploi du décompte.

Ce qu’il y a de plus récent et de plus explicatif à ce sujet, est une décision du 29 brumaire an VI qui porte : il sera fait une retenue d’un sou par jour par chaque caporal et soldat, jusqu'à ce qu’il soit pourvu à son menu entretien par les effets ci-dessous désignés, savoir : boucles de souliers et de jarretière, sac à poudre, brosses, trousse, ruban de queue, tire-bouton, alène, tire-bourre, épinglette, tournevis, livret de compte ; mais cette décision est incomplète et ignorée, et tout ce qui concerne le menu entretien est resté vague.

Il en avait été fait mention dans la loi du 23 floréal an V, art 12. Elle promettait à ce sujet un règlement qui n’a pas paru.

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sommaire des devoirs du fourrier

4.Marque des effets

 

Le fourrier veille à ce que tous les effets du soldat soient marqués de la marque du régiment et des numéros de l’homme et de la compagnie, l’habit doit être marqué en dedans et au côté droit à la hauteur de la poitrine sur la doublure de toile au moyen d’une étiquette de papier blanc, où le n° et la lettre seront inscrits avec de l’encre d’imprimerie.

Les vestes  à manches le seront de la même manière et à la même place.

Les pantalons de drap seront marqués en-dedans de la couture et au côté droit sur la doublure de la toile.

Les pantalons de toile seront marqués de même.

Les capotes seront marquées à 50 millimètres au-dessous du collet et au milieu du dos sur la doublure avec de l’encre d’imprimerie.

Les schakos seront marqués en-dedans par les mêmes procédés, l’étiquette sera placée au fond du schako.

Les bonnets de police seront marqués en-dedans sur la doublure et au milieu de la calotte de la même manière que les schakos.

Les guêtres noires le seront en-dedans sur le devant de la jambe, sur la doublure de la toile qui garnit la partie supérieure.

Les guêtres grises sont marquées de même.

Les chemises seront marquées avec de la rouille ou de l’encre d’imprimeur, au côté droit, à la hauteur de la poitrine.

Les souliers seront marqués au moyen de l’empreinte d’un fer chaud en-dedans de la semelle au milieu du talon. L’empreinte sera assez légère pour qu’elle ne blesse pas le pied.

Les chaussettes seront marquées en-dedans et au côté droit sur la doublure de toile avec de la rouille ou de l’encre d’imprimerie.

Buffleterie :

La giberne sera marquée au moyen d’une empreinte faite avec un fer chaud sur le côté droit du coffre au-dessous de la sous-pattelette, entre la bordure du fond et la bourse.

La banderole de la giberne, ainsi que les baudriers, seront marqués intérieurement avec de l’encre d’imprimerie sur le milieu du buffle à l’endroit où se croisent, par derrière l’homme, le baudrier et la banderole.

Le havresac sera marqué aux extrémités de ses bretelles près de leur jonction, au moyen d’un fer chaud, de manière à ne pas brûler la couture du contrefort qui les réunit.

Les courroies longues et courbées du havresac, le seront de même au milieu et à l’intérieur.

La bretelle du fusil sera marquée intérieurement au moyen d’une empreinte d’encre d’imprimeur, à la partie qui appuie entre la première capucine du fusil et celle d’en bas.

Le fourreau de baionnette doit être marqué au moyen d’un fer chaud sur le côté opposé à la couture, à 25 millimètres au-dessous du chapeau de buffle.

Le fourreau de sabre doit être marqué en dehors au moyen d’un fer chaud à 25 millimètres au-dessous de la pointe inférieure du pendant de baudrier.

Armement :

Le fusil doit être marqué au tonnerre près le bouton de culasse, à la plaque de couche entre le talon et la vis à bois, à la douille de baionnette du côté opposé à l’échancrure, 25 millimètres au-dessus du bourrelet, et à la poire de la bague.

Le sabre sur le côté extérieur du fourreau.

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sommaire des devoirs du fourrier

5.Différents numéros de soldats

 

Le fourrier doit fixer et connaître les différents numéros particuliers à un même soldat, savoir :

1° : Le numéro d’inscription matriculaire qui est invariable et roule sur tout le régiment.

2) : Le numéro de contrôle annuel qui change tous les ans, et ne roule que sur la compagnie.

3° : Le numéro d’habillement et équipement, qui doit être pareil au numéro de l’armement qu’on donne au soldat. Afin que ce numéro ne soit pas confondu avec celui d’autres compagnies, il y est toujours joint une lettre alphabétique particulière, qui désigne la compagnie.

Quand l’homme passe d’une compagnie à une autre, il prend son nouveau numéro.

Ce numéro est, pour tous les tambours et fifres, celui de leur instrument ; pour les sapeurs, celui de leur hache ; pour les musiciens, c’est une marque particulière.

4° : Le numéro de rang de taille, lequel roule sur les caporaux et soldats de la compagnie indistinctement.

5° : Le numéro d’escouade, lequel y fixe le rang qu’il y tient, facilite les appels de nuit, et est inscrit sur son étiquette de lit.

6° : Le numéro du lit où il couche.

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6.Réparations – Feuille d’habillement

 

C’est sous la direction du fourrier que doivent se faire les menues réparations d’habillement et de buffleterie par le soldat lui-même, si elles en sont susceptibles, ou par un ouvrier du régiment ; dans ce dernier cas, le fourrier présente les objets à réparer au commandant de sa compagnie, qui lui donne un billet, pour que les réparations soient exécutées.

Le fourrier conduit le soldat chez le capitaine d’habillement, qui fait faire la réparation et la vérifie aussitôt qu’elle est achevée ; le capitaine de la compagnie, après l’avoir également examinée, s’assure si elle provient de la négligence ou maladresse du soldat, et en ordonne le paiement en conséquence. Toutes les réparations à faire, qui, dans les 24 heures, ne sont pas présentés au capitaine d’habillement, sont exécutées aux dépends du fourrier.

Après la distribution de l’habillement et équipement neuf, le fourrier forme deux copies de l’état qu’il en dresse ; un double reste entre les mains du capitaine d’habillement ; il en garde l’autre, et tous les trois mois, il est fait vérification de ces feuilles, où toutes les inscriptions ont dû être contradictoirement portées à mesure.

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7.Comptabilité – Signalements, etc.

 

Le fourrier fait chaque jour le billet de rapport du mouvement des 24 heures, aussitôt l’appel rendu, et le porte au quartier-maître.

Il établit la feuille de prêt, de concert avec le sergent-major.

Il surveille la tenue journalière du cahier d’ordinaire, et en repasse les additions.

Lorsque le fourrier reçoit le prêt des mains de l’officier de semaine, il le distribue, sous les yeux de cet officier, à l’heure de la soupe, aux chefs d’escouade ; il remet aux chefs d’ordinaire la portion du prêt destinée à l’ordinaire ; il tient note du montant général et de la division du prêt, afin que cela se rapporte à l’inscription qu’il en tient au livre de détail.

Il paie le frater (1) au prix fixé dans le régiment.

Au retour des hommes qui sortent des hôpitaux, le fourrier leur retire leur billet de sortie, examine s’il n’y a ni surcharge, ni rature, s’ils n’ont rien touché en effets autrement dans leur route ; il s’assure que les hommes rapportent les effets qui y sont inscrits et remet ces papiers au sergent-major. Si l’homme sortant de l’hôpital a besoin de repos ou d’une convalescence, le fourrier présente cet arrivant à l’officier de santé du corps, afin qu’il constate son état, et que, s’il y a lieu, le sergent-major ne commande point encore cet homme de service. Si c’est un homme de recrue qui arrive, le fourrier confronte son signalement, ou dresse, sous la dictée du sergent-major, ce signalement, s’il n’y en a point encore d’établi, conformément au tableau signalétique ; il examine sa feuille de route, les effets qu’il a reçu en chemin , et les sommes qu’il a touchées.

Dans les 24 heures qui suivent l’arrivée, le fourrier conduit chez le sous-inspecteur tous les arrivants.

 

(1)   Le frater est un soldat qui sait raser, et que l’on exempte ordinairement de service, pour un prix convenu ; il s’entretient de savon et de rasoirs, et coupe les barbes tous les deux jours, ou au moins deux fois par semaine.   retour

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8.Hommes entrant aux hôpitaux.

 

Le fourrier remplit les billets d’hôpitaux que le chirurgien a signés, y inscrivant au dos les effets que les partants emportent ; ces billets doivent être imprimés ; il faut, qu’ensuite de la désignation du corps, le numéro matriculaire du malade y soit inscrit.

Le fourrier retire les effets et armes des hommes qui vont aux hôpitaux, en semestre ou en congé ; il enregistre au dos des cartouches, permissions ou billets d’hôpitaux, tout ce que les militaires emportent avec eux. S’ils entrent aux hôpitaux quand le régiment est en route, le fourrier reçoit du caporal de l’escouade la note des armes et effets laissés ou emportés aux hôpitaux.

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9.Distributions

 

Le jour de distribution du pain, le fourrier, après avoir dressé le bon et l’avoir fait vérifier par le capitaine, conduit, sous les ordres d’un officier ou d’un adjudant, les hommes de corvée en veste retournée ou sarreau, en pantalon et bonnet de police chez le munitionnaire ; ils sont porteurs des sacs nécessaires. Il s ‘assure de l’exacte mesure des distributions, et de la bonne qualité des fournitures.

Le quartier-maître, ou bien un sous-officier à ce préposé, se trouve à la manutention, et fait remettre à chaque fourrier la quantité de pain qui lui revient, en présence d’un officier de la compagnie. Si l’officier de la compagnie ne se trouve point à la distribution, c’est le fourrier qui, dans ce cas, doit signer au bas du bon dont il est porteur, si la distribution a été complétée, et quand elle ne l’a pas été, il n’en donne qu’un récépissé d’à-bon-compte, et garde le bon jusqu’au complètement de la fourniture. Aussitôt que le fourrier est expédié, il ramène en ordre au quartier les hommes de corvée de sa compagnie. Le pain est alors réparti, et il en est fait écriture à l’article « distribution » du livre de détail.

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10.Feuille de décompte, de subsistance et d’appel

 

Le fourrier dresse tous les trois mois la feuille de décompte : elle fait connaître la situation de la masse de linge et chaussure d’une manière conforme aux inscriptions du « livre de détail », et par conséquent, elle doit se rapporter à la feuille du dernier trimestre.

Cette feuille est nominative et contient, homme par homme,  le montant des effets de linge et chaussures qui ont été délivrés à chacun, et la situation de sa masse, dont la partie seule qui excède les 30 ou 40 francs, peut-être objet de décompte.

Feuilles de subsistances :

Le fourrier dresse la feuille de subsistance du trimestre conformément au modèle donné. Cette feuille contient sommairement :

1° : Le nombre d’hommes par grade, le nombre de journées donnant droit aux diverses espèces de soldes, aussi par grade, et le décompte de ces mêmes journées, ainsi que les sommes allouées pour indemnités de vivre et suppléments de solde aux conducteurs de conscrits.

2° : Le tableau des feuilles de prêt pour les deniers de poche.

3° : Les recettes et dépenses des fournitures en nature. Cette feuille est faite tous les trimestres ; elle est certifiée par le chef de la compagnie et visée par le major ; on joint à l’appui la minute de chacune des feuilles d’appel établies pendant le même trimestre.

Feuilles d’appel :

On distingue deux espèces de feuilles d’appel : celles de revues mensuelles, et celles de revues trimestrielles. Les feuilles d’appel de revue mensuelle (1) servent à constater l’effectif de chaque compagnie et à vérifier l’exactitude des mutations et mouvements fournis par le corps ; elles présentent les numéros , noms, prénoms, surnoms et grades des hommes ainsi que leurs mouvements et mutations depuis la dernière revue.

 

(1)   Ces revues sont inopinément passées par les sous-inspecteurs qui en déterminent l’époque et le lieu. ( Règlement de revues du 25 germinal an 13, et décret du 16 mai 1810 )    retour

 

Les feuilles d’appel de revue trimestrielles servent à établir, justifier et régulariser le paiement et la fourniture de la solde et des masses. Ces feuilles doivent être commencées et remises le 1er jour de chaque mois.

Elles présentent les noms, prénoms et grades des officiers ; ceux des sous-officiers et soldats, l’indication des présents, des absents, comptant à l’effectif, de ceux perdus depuis la dernière revue, les mutations et mouvements, le nombre de journées de solde entière et de partie de solde entière à l’hôpital et en semestre. Elle est terminée par un tableau présentant la composition et situation sommaire de l’effectif, le résultat des mutations survenues, dans l’effectif depuis la dernière revue, l’état général des « hautes-payes » à l’ancienneté et les mutations y relatives. Le décompte en deniers pour les journées de solde entière et partie de solde entière, etc. Enfin, le décompte des fournitures en nature.

Le fourrier dresse aux époques ordinaires les feuilles d’appel ou de revues des inspecteurs généraux d’armes, il dresse à la fin de chaque mois les feuilles de revues de sous-inspecteur conformément aux principes ci-après.

Le jour de l’admission ou de l’incorporation n’étant point considéré comme station, les conscrits, enrôlés volontaires, venus d’autres corps et les rayés soit par longue absence ou prisonniers de guerre réintégrés ne comptent à leur compagnie que du lendemain de leur arrivée, les déserteurs rentrés, les absents par jugement, et les venus d’autres compagnies, comptent du jour de leur arrivée à leur compagnie. Les hommes rentrant de congé comptent du jour de leur rentrée.

La journée du départ, quand elle fait perte pour le corps, n’est point comprise dans les cas suivants, savoir : pour les démissionnaires ou destitués, les congédiés, retraités ou passés à d’autres corps, les rayés, soit par longue absence ou prisonniers de guerre ; ils ne sont portés que jusqu’au jour de leur départ exclusivement.

Quant aux hommes, morts à leur compagnie ou tués dans une affaire de guerre, ils sont compris jusqu’au jour inclus de leur mort ou de leur désertion. Les hommes absents par congé sont compris pour la solde entière jusqu’au jour de leur départ exclusivement.

En général il ne doit porter les journées d’absence sur la feuille d’appel que lorsque le retour s’est effectué dans le trimestre, le dernier jour inclusivement ; sinon, ces journées ne sont rappelées que dans le trimestre suivant  (1)

 

(1)   Parce qu’un homme en détachement, en congé ou en mission, pourrait être entré à l’hôpital derniers jours du trimestre, et que cette entrée étant inconnue au corps, on lui porterait des journées d’hôpital qui doivent être portées comme journées de présence. Un homme à l’hôpital externe est dans le même cas.   retour

 

Lorsqu’un homme sort de sa compagnie pour se rendre à l’hôpital, on doit toujours indiquer l’hôpital sur lequel il a été dirigé ( hôpital de telle ville ), lorsqu’il est rentré dans sa compagnie on désigne alors s’il vient de l’hôpital du lieu ou l’hôpital externe.

Lorsque l’entrée ou la sortie se sont effectuées dans un hôpital de la ville où la compagnie est en garnison, on désigne ( sorti de l’hôpital du lieu ) si lors de la sortie de l’hôpital la compagnie n’était plus dans la même garnison, il serait dans ce cas porté : ( rentré de l’hôpital externe ) comme s’il eût été dirigé sur un hôpital externe.

Lorsqu’un homme est décédé à l’hôpital, les journées qu’il a passées à l’hôpital ne doivent pas être comptées, le corps n’ayant point droit au rappel de ses deniers d’hôpitaux.

La journée d’entrée à l’hôpital, soit du lieu ou externe, compte à l’hôpital ; celles de sortie de l’hôpital du lieu compte à la compagnie. La rentrée de l’hôpital externe compte à l’hôpital.

Soit que les militaires voyagent isolément ou en détachement (1) , les journées de marche de départ et d’arrivée comptent pour la route.

Les hautes-payes à l’ancienneté sont portées à raison de 30 jours quel que soit le mois de l’année.

 

(1)   Pour former un détachement, il faut qu’il y ait au moins six hommes réunis ( Règlement du 25 germinal an 13,            art 120 )   retour

 

Les journées pour les officiers se calculent à raison de 30 jours, excepté pour l’indemnité de fourrage. A cette différence près, les principes ci-dessus leur sont applicables. Quand à l’indemnité de logement (1), elle ne leur est payée qu’à raison du nombre de journées de station, et à compter du lendemain, mais ils y ont droit pour les journées d’absence pour la conduite des conscrits.

Les mutations et mouvements étant quelquefois fort compliqués pour un même individu, on a remarqué qu’on faciliterait le calcul et le classement des diverses espèces de journées en établissant ces journées pour chacun des mois du trimestre séparément.

 

(1)   Elle leur est due que lorsqu’on ne leur fournit pas en nature ( Loi du 23 floréal an 5, art 7 ; Circulaire du 24 fructidor an 10 ; Décret du 16 mai 1810 )   retour

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11.Congés

Quand il est accordé un congé par ancienneté ou réforme, le fourrier retire d’entre les mains de celui qui l’a obtenu, ceux des effets d’équipement, habillement, armement et grand équipement qu’il ne doit pas emporter ; il remplit son congé, fait son compte, le transcrit au dos du congé, et présente ce congé ( quand il est revêtu des signatures nécessaires ), à la signature du sous-lieutenant. Maintenant ces congés ou cartouches sont sur papier blanc ; il n’y a pas de cartouches de couleur, que celles qui sont délivrées aux hommes condamnés aux travaux publics, et qui ont fait leur temps.

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12.Petits congés, Semestriers, Déserteurs.

Quand les semestriers rejoignent, le fourrier retire leurs cartouches ou permissions, et s’assure si elles portent le visa qui a dû y être apposé au lieu ou ils ont résidé (1) ; il examine s’il n’y a ni surcharge ni rature, et s’ils n’ont rien touché en effets ou autrement.

Si l’homme qui rentre ne rapporte point sa cartouche, il perd tout droit au décompte de solde depuis son départ, et la somme qui lui reviendrait est versée à la masse de linge et chaussure. Tous ces papiers sont remis par le fourrier ou sergent-major, afin qu’ils soient communiqués au sous-inspecteur, ainsi que tous les brevets, congés, billets de sortie d’hôpital, extraits mortuaires, etc.

Le fourrier fait ensuite l’état de ce qui revient à ces hommes, visite leur sac, et avise aux moyens de pourvoir au remplacement ou à la réparation des objets qui leur manquent ou qui sont dégradés.

Sitôt qu’un soldat est mort ou est soupçonné de désertion, le fourrier s’empare de son sac ; il en fait la visite en présence du sergent, chef de la subdivision dont faisait partie le mort ou le déserteur ; il fait un état de ce qu’il y trouve, le présente à la signature du capitaine, et remet le sac et les effets au sergent-major.

 

(1)   Ancien usage. Toute cartouche ou permission de semestrier devait être visée, à son arrivée dans son pays, par le commandant de la maréchaussée, et il devait en outre apporter un certificat de bonne conduite, signé de ce commandant ou du curé de sa paroisse, sous peine de perdre la paie qui lui serait revenue pendant son absence, et de n’avoir pas de congé une autre année. ( Manuel pour le corps d’infanterie, 1781, chap.7, art.7 )   retour

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13.Veille du départ

Lorsque le régiment doit partir, le fourrier réunit, la veille du départ, les ballots ainsi que l’excédant des armes, équipement et habillement, et fait porter le tout au vaguemestre du régiment ou au sous-officier qui en fait fonction, de même que les caisses, malles, coffres, valises, porte-manteaux qui doivent être transportés par les équipages. L’ordre du jour indique le lieu où doivent être déposés ces effets.

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14.En route

En route, les fourriers s’assemblent à « la diane » ou bien au « rappel » pour les tambours, et partent sous les ordres d’un officier quand on bat  la « générale » ou le « premier » ; arrivés au gîte, ils se rendent à l’hôtel de ville, et reçoivent du quartier-maître ou de l’officier commandant le logement, les billets de logement de leurs compagnies.

Le fourrier fait, sous les yeux du quartier-maître ou de cet officier, inscription du nom et du numéro des hôtes pour lequel il y a des billets ; il met à côté de leur nom, celui du soldat qu’ils doivent loger, afin de prévenir le changement des billets, d’en prouver l’emploi et d’avoir les éclaircissements nécessaires en cas de plainte contre les soldats. Il va alors reconnaître le quartier de la ville affecté à sa compagnie.

Si le régiment doit loger dans une caserne, les fourriers y sont conduits par le quartier-maître ou par l’officier qui le remplace, pour s’occuper de l’établissement du logement (1)

Défense expresse leur est faite de rien changer à l’assiette du logement, ou de faire, par une préférence répréhensible, des permutations en faveur d’une escouade ou d’un individu au préjudice d’un autre. Il leur est défendu, sous les peines les plus fortes, de faire aucun trafic de billets, en proposant aux hôtes qui paraissent dans l’aisance, d’entrer en accommodement, et  de payer le rachat (2) des billets qui pourraient se trouver superflus.

A l’arrivée du régiment, le fourrier se trouve sur la place d’armes.

Aussitôt que le drapeau est renvoyé et que la troupe se sépare, le fourrier sert de guide à sa compagnie, qui se rend sous les ordres de ses officiers, par le chemin le plus court, au centre du quartier de la ville où elle doit loger, ou bien dans la commune voisine (3) où elle va prendre gîte ; c’est là que le fourrier remet les billets de logement aux officiers et sous-officiers, ceux-ci étant tenus de rester jusqu’à l’entier établissement de la troupe.

Comme il ne doit délivrer les billets qu’après l’appel fait, il n’en distribue qu’aux hommes présents ; il remet au commandant de la garde de police les billets non distribués, portant au dos le numéro de la compagnie et le nom des soldats absents auxquels ils sont destinés, tels que convalescents, manquants aux appels, hommes d’escorte ou d’arrière-garde, hommes à la garde du camp, etc., afin de leur éviter, à travers la ville, des courses superflues et fatigantes. Si ces hommes en retard doivent être logés dans une autre commune, ou bien s’ils doivent être logés avec plusieurs autres camarades à qui le billet aurait été délivré, le fourrier remet à l’officier de la garde de police ce détail écrit.

Il laisse enfin au corps de garde l’inscription de la demeure des officiers, celle du sergent-major et la sienne.

Si à l’appel du soir, il se trouvait encore entre les mains du fourrier quelques billets de logement qui n’eussent pas été employés, il les remet au commandant de la police.

A l’arrivée du régiment dans une garnison, le fourrier reçoit les casernes, et marque avec de la craie le logement de ses escouades (4)

 

(1)   c’est pendant ce temps que l’officier ou adjudant qui a accompagné le quartier-maître se rend au-devant du régiment pour porter à l’officier qui le commande, les ordres du commandant de la place, et remettre lui-même aux officiers et sous-officiers de l’état-major, leurs billets de logement ; il remet au tambour-major son billet et ceux de ses tambours ; il remet pareillement au vaguemestre son billet et ceux des maîtres-ouvriers ; il indique l’heure et le lieu de la distribution, et le nombre d’hommes que chaque compagnie y doit fournir.    retour

(2)   Tout rachat de choses dues par les hôtes a toujours été sévèrement défendu.   retour

(3)   Règlement de marche du 25 fructidor an 8, tit.2, art. 3 L’article 26 de l’ordonnance du 8 avril 1718 portait que si les lieux destinés au logement des troupes étaient trop petits, et qu’il ne pût être fourni des lits pour tous les soldats, ceux qui ne pourraient pas en avoir seraient mis dans des lieux où on leur fournirait le couvert, de la paille et du bois.   retour

(4)   Cependant le règlement de casernement du 30 thermidor an 2, tit.2, art.5, attribue la répartition du logement au sergent-major. Cette disposition parait fautive.   retour

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15.Au camp

Quand on doit camper, les fourriers marchent avec le « logement », et tracent l’emplacement des tentes de leurs compagnies. Ils font placer les faisceaux d’armes et son manteau ; ils prennent également le soin de les faire démonter et transporter aux bagages, à l’instant où l’on bat l’assemblée pour le décampement.

Voir instruction pour le campement d'infanterie

En campagne et dans les manœuvres, les fourriers de fusiliers ont le poste honorable de garde du drapeau (1).

On y plaçait point autrefois le fourrier des grenadiers, à qui le règlement de 1791 avait oublié d’assigner une place. On doit en déduire de ce principe que le fourrier des voltigeurs ne doit pas non plus faire partie de cette garde ; ainsi, des quatre fourriers de fusiliers, le mieux exercé est au second rang ; et les trois autres au troisième rang de l’aigle ou de l’enseigne.

 

(1) C’était du moins leur destination avant l’institution des aigles et enseignes ( Décret du 18 février 1808, art.17 et 18 ). Ce poste leur convient mal : 1° parce que pendant la manœuvre ils sont souvent employés aux distributions et aux écritures ; 2° parce qu’en marche ils sont au piquet d’avant-garde ou au campement ; 3° parce qu’il y en a parmi eux de mal habiles au pas militaire ; 4° parce qu’en campagne ceux des grenadiers et voltigeurs étant fréquemment détachés avec leurs compagnies, il ne reste que 4 fourriers, nombre bien insuffisant, puisqu’il en faudrait 6 à l’aigle et 8 à l’enseigne. Ce poste aurait du être celui du 4è sergent, qui n’a pas de place en bataille, ou même peut-être le poste du 1er sergent.    retour

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Sources : Manuel d'infanterie Bardin 1813 ( Paris )

Transmises par Frank Simon ( Bibliothèque Royale de Bruxelles )

 

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Caporaux:

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Devoirs du caporal

 

Q : Quels sont les différents devoirs d’un caporal ?

R : Ils se divisent comme il suit, savoir :

  1. Surveillance générale des caporaux
  2. Devoirs du caporal chef d’escouade
  3. Devoirs du caporal de semaine.
  4. Devoirs du caporal d’ordinaire.
  5. Devoirs du caporal d’ordonnance.
  6. Devoirs du caporal de planton.
  7. Devoirs du caporal de patrouille.
  8. Devoirs du caporal de garde.
  9. Devoirs du caporal en route.
  10. Devoirs du caporal dans une action

 

1. Surveillance et devoirs de toute la journée

 

Q : Quelle est la surveillance que le caporal doit exercer toute la journée ?

R : Toutes les fois qu’il survient quelques variations dans les escouades, les caporaux doivent porter au sergent-major la liste affichée sur la porte, afin que de suite elle soit rectifiée. Dans le cas ci-dessus, le caporal demande également les nouvelles étiquettes nécessaires. En tout temps, il veille à ce que les gibernes, qui ne sont point en service, soient couvertes de leurs étuis ; il ne souffre pas qu’on fume dans les chambres, ce qui ne