9/12/2004

| Fifre et tambours: | Mes compagnons d'armes: | Nouveaux conscrits : | Cantinières: |
Organigramme pour la composition d'une compagnie de grenadiers de ligne

--------------------------------------------------------
sommaire :
2. En route, au camp, en détachement
Le titre de sergent est un des plus anciens termes du langage militaire ; a son origine, il signifiait simplement « homme au service ». Depuis Louis XII, cette expression a désigné le grade des sous-officiers de la première classe. On calculait ordinairement dans les ordonnances de composition, à raison d’un sergent pour 20 soldats. Le calcul est aujourd’hui à raison d’un sergent pour 30 soldats.
Le sergent commandait les postes depuis 12 hommes jusqu’à 18 et un caporal ; et même 24 hommes et 2 caporaux. L’augmentation de force des compagnies veut que les postes qu’il est susceptible de commander s’élèvent jusqu’à 30 hommes. Au dessus de ce nombre, le poste est commandé par un officier, sous l’autorité duquel le sergent maintient l’ordre et assure l’exactitude.
Le sergent n’a de tambour sous ses ordres qu’à la garde de police en garnison, ou bien à la garde du camp.
Le cas où il commande une garde d’honneur, est celui où cette garde est accordée à un tribunal de première instance.
Il a deux fonctions distinctes à remplir, la surveillance et le service.
La première s’exerce continuellement sur les caporaux ; les détails de la seconde attribution se ramifient suivant les différents emplois qu’il exerce comme sergent de semaine, de planton, de garde, de ronde, en détachement, sergent-instructeur, sous-officier de remplacement, d’encadrement, garde-enseigne, guide de gauche, guide général, et serre file.
Le devoir de sergent, ne consistant pour ainsi dire que dans l’exécution des ordres qu’il reçoit, dans l’application des règlements qu’il est censé connaître, dans la surveillance par laquelle il maintient les caporaux dans l’observance continuelle des devoirs qui vont être expliqués, etc. ; il suffit d’en parler ici d’une manière succincte.
Le sergent, chef de subdivision, est responsable de ses deux escouades envers le sergent-major et les officiers de la compagnie ; il en fait l’appel devant eux ; il tient inscription des effets de linge et chaussure des hommes composant sa subdivision, et assiste aux inscriptions faites sur leurs livrets.
En garnison, les sergents logent et font ordinaire ensemble, mettant à l’ordinaire 5 centimes de plus que le soldat, à l’ordinaire duquel ils ne peuvent vivre qu’en campagne, ou bien s’ils sont séparés du bataillon ; en tout temps, ils sont exempts des corvées d’ordinaire et de chambrée. Les sergents d’une même compagnie logent à la caserne dans une même chambre, et ils couchent deux à deux en route.
C’est un sergent qui est chargé de porter le mot d’ordre aux généraux de brigade, etc.
Sommaire des devoirs du sergent
En route, ils ne doivent jamais coucher ni loger avec les soldats. Dans la colonne de route, ils se tiennent aux ailes des pelotons, et des sergents restent de bataillon en bataillon, dans les villages, pour empêcher qu’aucun soldat ne s’y arrête.
Les sergents portent les grands bidons de vinaigre et sont responsables de la marmite de supplément.
Au camp, les sergents prennent le commandement de la tente ou ils se trouvent, et y couchent avec les soldats. A l’arrivée au camp, le sergent commandé a cet effet, va planter le faisceau à la place marquée.
Lorsqu’ils y sont de police, ils replient, couchent, plantent et déploient les drapeaux.
Au camp, le sergent de piquet assiste au cercle de l’ordre. Le sergent des gardes extérieures est chargé d’aller à la découverte.
Ce sont les sergents de garde des postes du camp qui vont reconnaître avec quatre fusiliers, les troupes ou officiers généraux qui passent ; ils crient « halte là, qui vive ? » et après qu’il leur a été répondu « France », ils demandent « de quel régiment ou de quel grade ? ». Quand ils ont reconnu la troupe, ils détachent un des quatre fusiliers au commandant du poste, et ne laissent passer qu’après que l’ordre leur en a été envoyé.
Le sergent envoyé en détachement, ne part point sans avoir dressé un contrôle des hommes qui le composent, afin d’en pouvoir tenir jour par jour les mutations. Il s’assure qu’ils sont porteurs de leurs livrets, que le prêt et les distributions leur sont faites, et qu’ils n’ont aucune réclamation à élever. Il fait l’inspection de leur armement, habillement et chaussure.
Il emporte, s’il y a lieu, un certificat signé du conseil d’administration qui constate jusqu’à quelle époque a été payée la troupe. Il marche comme il est dit. Il se fait précéder d’une petite avant-garde, et d’éclaireurs s’il est nécessaire.
Lorsqu’il est rendu à sa destination, il établit sa troupe dans le plus petit espace possible ; il se loge au centre. Il pose sa garde de police, ainsi que les postes qui garantissent sa sûreté. Il indique un lieu du rassemblement en cas d’alarme. Il fait la reconnaissance des environs de ses logements, des gués, des défilés, des chemins par lesquels l’ennemi pourrait déboucher. Il combine ses issues et le moyen de retraite, dans le cas où il serait poussé par un ennemi supérieur ( En supposant que son ordre ne l’obligeât pas de se battre jusqu’à la dernière extrémité ) ; il prend toutes ses mesures de défense, comme abatis, barricades, fossés, retranchements, etc., et il se fait aider, s’il est nécessaire, par les habitants du lieu. S’il est à proximité de l’ennemi, il défend à sa troupe de se déshabiller la nuit, et de quitter le poste pendant le jour. En tout état de choses, il veille à ce que sa troupe ne se dissémine pas, qu’elle vive en bonne intelligence avec les habitants, qu’elle respecte les personnes et les propriétés ; qu’elle se rende exactement aux appels, et qu’elle reçoive ses distributions avec régularité ; il visite souvent les logements ; il passe des inspections et des revues de ses soldats ; il fait des rondes ; il commande des patrouilles ; il fait chaque matin le rapport et donne l’ordre du jour. Il fixe les heures de la retraite, suivant la saison.
Sommaire des devoirs du sergent
Le sergent de semaine concourt à remplir les devoirs prescrits, et se trouve chargé de les accomplir, toutes les fois que le caporal de semaine est absent.
Le sergent de semaine ne peut quitter la caserne sans être convenu avec le caporal que celui-ci sera présent pour répondre à tout en son absence. Le sergent de semaine envoie par écrit, après l’appel du matin, au commandant de la garde de police, les noms et les numéros des chambres des soldats indisposés.
Il passe à neuf heures et demie, l’inspection des hommes de garde que lui amène le caporal de semaine, examinant d’abord la tenue des hommes, et s’assurant ( si c’est en hiver ou dans le mauvais temps ), qu’ils sont revêtus des vieux habits distribués aux compagnies pour le service ; il se fait ensuite accompagner de ce même caporal, pour examiner les soldats, homme par homme. Il se fait rendre compte du nom des hommes qui manquent, et de la cause de leur absence.
A dix heures et demie, quand on bat les trois roulements, le sergent de semaine conduit ses hommes à l’officier de semaine.
A l’instant de la soupe du matin, le sergent de semaine remet à l’officier de semaine ( qui doit aussi y assister, hormis les jours d’exercice, parce qu’alors la visite des chambrées ne se fait qu’à l’heure du souper ), le nom des hommes qui n’y ont pas été présents.
Le sergent de semaine se rend sur la place d’armes, en même temps que les gardes du jour. Il s’y place en bataille, ayant son fusil sans baïonnette, son sabre et point de giberne ; il assiste ensuite au cercle de l’ordre. De retour au quartier, il donne l’ordre de service aux caporaux.
Lorsque les gardes rentrent au quartier, et qu’elles ont monté la garde avec les armes chargées, il veille à ce que les fusils soient déchargés sous ses yeux avec un tire-balle.
Sommaire des devoirs du sergent
La ronde est un moyen de surveillance qu’un sergent, commandé à cet effet, exerce sur les sentinelles des postes, en parcourant les remparts.
Les rondes simples se font le plus ordinairement pendant la nuit ; elles diffèrent de la ronde major, en ce qu’elles ont pour objet de tenir les sentinelles en éveil, et de voir ce qui se passe hors la place ; et que le bute de l’autre est de s’assurer, en outre, si tous les postes ont exactement le mot d’ordre, et si les chefs de poste font régulièrement poser les sentinelles aux lieux ordonnés.
Dans les garnisons, les sergents, ou sergents de garde, peuvent être commandés de « ronde » comme les officiers ; mais ceux des grenadiers ne sont point sujets à cette espèce de service.
Les officiers et sous-officiers de « ronde » sont porteurs d’un « marron » ou pièce de cuivre ou de fer blanc percée en son milieu, et sur laquelle est indiquée l’heure de la ronde.
Ils glissent ce marron dans un tronc ou il s’enfile sur une fiche soudée en dedans ; ils signent en outre sur un registre destiné à cet effet, sans laisser d’intervalle entre leur signature et celle qui précède ; par ce moyen, ils fournissent à l’état-major la preuve qu’ils ont ponctuellement obéi à l’ordre de l’aubette ou de la parade, qui les commandait de « ronde ».
Les sous-officiers portent eux même leur fallot, et sen mettent en marche en suivant exactement le parapet, après avoir pris le mot du commandant du poste d’où la « ronde » a dû partir.
Si les rondes font quelques découvertes qui intéresse la sûreté de la place, elles en avertissent les postes voisins, et vont en informer de suite le commandant de la place. Si le bon ordre est troublé, elles préviennent le poste le plus voisin. Si les sentinelles sont en faute, les rondes en avertissent le commandant de leur poste.
Quand deux rondes se rencontrent, la première qui découvre l’autre crie « qui vive ? », l’autre répond « ronde » en disant de quelle espèce. La première s’annonce ensuite, et, quand elles se joignent, le grade inférieur, ou à grade égal, le militaire du moins ancien régiment donne le « mot » (1). si le grade et le régiment étaient le même, la ronde, qui la première à découvert l’autre, a le droit d’exiger le mot. Dans tous les cas, c’est à la ronde major à recevoir le mot.
Dans les circonstances extraordinaires, il est fait des contre-rondes et doubles-rondes.
Au camp, il est fait la nuit des rondes par un adjudant-major, pour s’assurer si les sergents et leurs fusiliers sont en règle. Elle équivaut à la ronde-major, avec cette différence, que cet adjudant-major se fait reconnaître en donnant le mot.
(1) Règlement de service du 1er mars 1768, tit.15, art. 27. Une explication plus précise serait à désirer ; l’ancienneté de régiment est ici une expression vague, puisque le numéro de régiment ne l’indique point. Si l’une des rondes appartient à un régiment de la ligne, et l’autre à un régiment d’infanterie légère, qui tous deux auraient le même numéro, quelle est la ronde qui donne le mot ?. Si elles appartiennent à des troupes nationales et étrangères d’ancienneté égale, la difficulté est la même. retour
S’il est chargé de l’instruction des travailleurs, il leur donne leçon deux fois par semaine, depuis le 1er mai jusqu’au 1er août et trois fois par semaine, depuis le 1er août jusqu’au 1er octobre.
Voici la définition des termes élémentaires les plus usuels. Un instructeur doit se pénétrer de leur sens exact, pour pouvoir faire avec précision l’explication et la démonstration des principes qu’ils expriment.
Notions générales :
|
Théorie |
Démonstration et explication des principes ; C’est en général une étude spéculative |
|
Files |
C’est un composé d’hommes les uns derrière les autres, à un pied de distance. Elles se forment de trois hommes en temps de guerre, de deux hommes en temps de paix. Nous n’avons pas vu la formation sur deux rangs être usitées, si ce n’est pendant quelques temps, par l’infanterie légère. |
|
Files ouvertes, ou rangs ouverts |
C’est un composé d’hommes à un mètre ( 3 pieds ) de distance, quand on est en march. A 2 mètres ( 8 pieds ), quand on est de pied ferme. |
|
Files en arrière d’un seul côté |
Mouvement qui a pour principe de présenter le premier rang sur le front et sur un flanc |
|
Files en arrière de deux côtés |
Mouvement qui a pour principe de présenter le premier rang sur le front et les deux flancs |
|
Chef de file |
Sous-officier ou soldat derrière lequel un autre marche soit par le flanc, soit en colonne, soit en bataille |
|
Serre-file |
Officier ou sous-officier placé pour la surveillance des rangs qui le précèdent. Il est en quatrième rang en temps de guerre, en troisième rang en temps de paix |
|
Rangs |
Composé d’hommes coude à coude, ne devant occuper qu’un demi-mètre ( un pied et demi ) d’espace. |
|
Front |
Face d’un rang, soit en bataille, soit en colonne. |
|
Ordre ou ordonnance |
La formation actuelle d’une ligne s‘appelle « ordre mince ». le mot « ordre » s’applique plus particulièrement aux grandes opérations et à la disposition des différentes armes. |
|
Hauteur |
Signifie épaisseur. On dit être sur deux ou trois de hauteur.² |
|
Formation |
Etablissement ou rétablissement en bataille d’une troupe dispersée ou en colonne. La formation en bataille d’une colonne, dont les subdivisions conversent, pour se former en ligne sur l’un des flancs, a lieu de pied ferme au pas ordinaire ; mais Sa Majesté fait souvent former en marchant et au pas accéléré. Rétablissement en front des files d’une subdivision mises en arrière. Réunion de deux subdivisions qu’on avait rompues en marchant ; ( les principes, dans ce dernier cas, consistent à obliquer du côté opposé au guide, et à respecter et conserver la ligne sur laquelle il se prolongeait ). |
|
Tiroir |
On appelle ainsi la place qu'occupe le second rang; il y a une manière de défiler en tiroir non prescrite par l'ordonnance, amis usitée. |
|
Pied ferme |
Etat d’immobilité d’une troupe ou d’une partie d’une troupe |
|
Marche |
Il n’y en a que trois sortes : en bataille, en colonne, et par le flanc |
|
Par le flanc |
Quart de conversion d’un homme |
|
Demi-tour |
Demi-conversion d’un homme |
|
Division |
Réunion de deux pelotons sous le commandement du plus ancien chef de peloton |
|
Peloton |
Compagnie en manœuvre. Le mot compagnie n’étant employé que pour l’administration |
|
Section |
Demi peloton |
|
Subdivision |
Terme générique qui exprime les fractions d’une colonne, soit qu’on la rompe en divisions, pelotons ou sections |
|
Profondeur |
C’est l’épaisseur ou hauteur d’une colonne, de même que la hauteur est la profondeur ou épaisseur d’une ligne |
|
Encadrement |
Un bataillon, une division, un peloton, sont encadrés, une section ne l’est pas. On appelle aussi encadrement le sergent de gauche du bataillon. |
|
Rompre |
Ployer une ligne de pied ferme au pas ordinaire par subdivisions ( Sa majesté fait ordinairement rompre au pas accéléré ). Ployer, en marche au pas ou au pas accéléré ( une subdivision en deux parties ; dans ce dernier cas, il y a à observer deux principes : 1° : rompre de manière que la première ou dernière subdivision se trouve en avant, suivant que la colonne marche dans l’ordre direct ou renversé et de manière que la colonne faisant halte après avoir rompu, elle ait ses subdivisions dans une disposition telle qu’elles puissent se reformer en bataille par les principes naturels, sans que l’ordre de ligne soit troublé. 2° : pour rompre, obliquer du côté opposé au guide, et par conséquent négliger et perdre la ligne sur laquelle se prolongeait les guides.
|
|
Colonne |
Ordre d’un bataillon rompu |
|
Colonne à distance entière |
Colonne dont les subdivisions sont espacées entre elles, dans une proportion qui égale l’étendue du front d’une de ces subdivisions |
|
Colonne dans l’ordre direct |
Ayant la droite en tête |
|
Colonne renversée |
Ayant la gauche en tête |
|
Colonne à demi-distance |
Colonne dont l’espacement des subdivisions égale un demi-front de l’une de ses subdivisions |
|
Colonne serrée |
Colonne dont la proportion des distances est de trois pas. Cet espacement donne à une colonne le nom de « masse » |
|
Déploiement |
Formation des colonnes en bataille. Cette formation, au lieu de s’exécuter par le moyen des conversions, s’exécute par la marche des subdivisions qui ( quel que soit leur espacement ), manoeuvrent parallèlement à leur front. Elles se portent, suivant leur ordre naturel, par la marche de flanc d’abord, par la marche de front ensuite, sur la ligne où se trouvent, soit la subdivision de base, soit les subdivisions antérieures. Sa Majesté fait déployer en ne faisant halte que sur la ligne. |
|
Prendre la distance |
Rétablir entre les subdivisions, à demi distance ou serrée, un vide presque carré. |
|
Guide |
Sergent fermant une aile de subdivision ; le second sergent est guide dans l’ordre direct, le remplacement est guide dans l’ordre inverse. Un guide n’est pivot fixe que dans les conversions pour se reformer ; il n’a de fonctions en bataille que comme jalonneur ; il n’en a point de particulière dans la marche de flanc. Dans une colonne en marche, il n’y a point de cas où il cesse de faire son pas de deux pieds, si ce n’est quand il est ordonné à toute la subdivision de marquer le pas. |
|
Remplacement |
Fonction du premier sergent, ainsi désigné parce qu’il prend la place du capitaine, lorsque celui-ci s’absente ; quand on fait par le flanc ; quand on rompt. |
|
Déboîter |
Sortir d’un alignement, soit parallèle, soit perpendiculaire. Cesser de faire partie d’une ligne, d’un rang, d’une file. Cette expression s’applique également soit à une subdivision, soit à un individu |
|
Pivot |
Homme placé à l’aile sur laquelle appuie la conversion ; il est pivot fixe, s’il doit stationner ou marquer le pas ; il y a des cas où son pas est d’un sixième de mètre ( 6 pouces ) ; d’autres, où il est d’un tiers de mètre ( un pied ) |
|
Aile |
Chaque extrémité d’un front |
|
Conversion |
Circulation autour d’un centre, de manière à regagner le point du départ. La conversion par rangs, opérée de pied ferme, a un pivot qui représente un centre, et une aile marchante qui représente une circonférence. La conversion par homme est égale au mouvement qu’il exécuterait en faisant quatre fois par le flanc du même côté |
|
Conversion de pied ferme ou à pivot fixe |
Ce n’est vraiment qu’un quart de conversion à pivot stationnaire |
|
Conversion en marchant ou à pivot mobile |
Ce n’est qu’un quart de conversion par rangs |
|
Changement de direction |
Portion de conversion d’une subdivision sur un angle variable. Les conversions d’un bataillon en marche s’appellent « changement de direction » ; les changements de direction d’une colonne en marche s’appellent « conversion » |
|
Demi à-droite |
C’est la huitième portion d’un cercle ou le demi-quart de conversion, soit d’un rang, soit d’une ligne sur plusieurs rangs |
|
Contre-marche |
Mouvement qui rétablit l’ordre direct d’une colonne ou qui produit l’effet opposé ; l’emploi de ce mouvement résulte de cette règle, qu’une colonne ne doit jamais marcher ni par le pas en arrière, ni par son troisième rang. Son principe est de faire toujours par le flanc du côté opposé au guide, et par file du côté du premier rang. |
|
Ligne de bataille |
Ordre d’un bataillon en bataille sur deux ou trois rangs. Détermination du lieu où on veut le former. Réunion d’un nombre indéterminé de bataillons en bataille. On distinguera 1ère et 2ème ligne ; elles sont à 196 mètres ( 300 pas ) de distance. Le passage des lignes est la marche par laquelle la 1ère et 2ème ligne se traversent mutuellement. |
|
Echarper |
Marcher en bataille sur une ligne fausse, une aile étant trop en avant par rapport à l’autre |
|
Potence |
Disposition d’une troupe qui marche en arrière et perpendiculairement à un front, soit de subdivision, soit de bataille, et dont le plan peut se comparer à la forme d’un manche de hache. La potence est le contraire du « crochet » |
|
Intervalle |
Espace vide entre les bataillons en bataille ; il doit être maintenant à 30 mètres ou d’un demi-front de peloton. Espèce d’embrasure ou meurtrière à l’usage de l’artillerie de campagne. Une ligne pleine est une ligne sans intervalle |
|
Border la haie |
Former plusieurs rangs en un seul. Recoudre les trois rangs sur une même ligne |
|
Inversion |
Formation en bataille, la gauche en tête |
|
Sergent d’encadrement |
Celui qui est placé à l’aile gauche du bataillon en bataille |
|
Caporal d’encadrement |
Celui qui est placé à l’aile gauche du troisième ra,g du bataillon en bataille |
|
Flottement |
Déviation et bris d’alignement d’une troupe qui marche en ligne, sur une fausse perpendiculaire |
|
A coups |
Temps d’arrêt. Résultat du flottement |
|
Carrés |
Front quadruple, ou formation quadrangulaire, face en dehors. C’est presque toujours un parallélogramme |
Sommaire des devoirs du sergent
Sources : Manuel d'infanterie Bardin 1813 ( Paris )
Transmises par Frank Simon ( Bibliothèque Royale de Bruxelles )
-------------------------------------------------------
3.Objets de tenue, petite monture
5.Différents numéros de soldats
6.Réparations, feuilles d'habillement
12.Petits congés, Semestriers, Déserteurs.
Le fourrier, dont on prétend que le nom dérive du mot fourrage, doit se trouver à toutes les distributions, sous les ordres de son lieutenant ou sous-lieutenant ; il est l’économe et l’écrivain de la compagnie (1) ; il est chargé des logements. Cette dernière fonction est celle qui a été le plus anciennement exercée par les fourriers.
Après avoir été réformés, les fourriers ont été rétablis en 1758, et leur rang a varié depuis 1762 ; ils marchaient à cette époque après les sergents ; peu de temps après, la dénomination de sergent fourrier fut donnée au premier bas officier de chaque compagnie. En 1776, le fourrier passa après le sergent-major, et avant les autres sergents ; il portait deux galons d’or ou d’argent sur le dehors de la manche au-dessus du pli du bras ; il n’en porte plus maintenant qu’un seul ; il n’est que premier caporal ; il jouit cependant de la paie des sergents, et vit, s’il le préfère, à leur ordinaire. Il loge avec le sergent-major ; mais n’a point le droit de coucher seul.
Le placement en bataille du fourrier des grenadiers a été oublié dans le règlement d’exercice de 1791.
La division du travail d’administration entre les sergents-majors et les fourriers demanderait à être précisé. On pourrait dire qu’une compagnie devrait avoir sous la conduite du sergent-major, et sous l’intendance du fourrier.
Le fourrier n’a point droit de signature, tout devant être certifié par le sergent-major et approuvé par le capitaine.
Il tient au courant les inscriptions du livre de détail et du livret du soldat.
(1) C'est à ce dernier titre qu'il leur est alloué 1 franc 50 cent. par mois, aux frais de la masse générale, pour dépense de papier, plumes, etc. (circulaire du ministre-directeur, du 8 prairial an 12; et règlement du 1er janvier 1792, tit. 4, art 20 ) retour
sommaire des devoirs du fourrier
Le fourrier inscrit sur le livre de détail :
1° : le compte ouvert des sous-officiers et soldats pour linge et chaussures ; il fait semblable inscription sur le livret du soldat, où il ne doit rien marquer qu’en sa présence, et sous les yeux du sergent de subdivision et du caporal d’escouade.
2° : L’état nominatif des hommes qui ont un dépôt à la caisse, pour masse de linge et chaussures.
3° : L’état de visite des effets de linge et chaussures ; c’est au moyen du relevé qu’il en fait, qu’on en passe la visite le mois suivant.
4° et 5° : La situation des effets d’habillement, équipement et armement, dont toutes les parties sont distinguées en colonne, désignant les objets bons ou médiocres.
6° : les entrées et sorties des hôpitaux des lieux.
7° : les entrées et sorties des hôpitaux externes.
8° : Les détachés.
9° : Les congés limités.
10° : Les prisonniers de guerre.
11° : Les distributions.
12° : les mutations.
13° : Les effets de casernement.
Livret : le livret est un cahier de 8 à 10 feuillets : la 1ère page mentionne le signalement, la 2ème donne une instruction sommaire sur la destination dudit livret, la 3ème est consacrée aux promotions et campagnes, la 4ème précise la durée des effets, la suite est rayée à deux colonnes pour le compte courant, la 5ème fixe l’état de la première composition du sac. Les dernières pages offrent désignation, date de délivrance, quotité, et époque de recettes des effets d’habillement, linge et chaussures, équipement et armement.
sommaire des devoirs du fourrier
3.Objets de tenue – petite monture
Comme il n’est point prescrit de mesures générales d’administration, sur les moyens de pourvoir aux objets de tenue et de petite monture, dont la quantité, l’espèce, la fourniture et le paiement peuvent différer suivant les corps, les fourriers doivent ( à moins que ce ne soit mentionné à la fin du livret de compte ), tenir un livret d’inscription particulier pour ces objets.
En 1776, il fut établi dans les régiments des magasins de petite monture ; ils furent bientôt supprimés.
Ce fut le fourrier qui resta chargé de procurer aux soldats les moyens de remplacer ces différents objets, quand il fallait les renouveler ou qu’ils avaient perdus ; il remplaçait de même les objets de petit équipement, s’il n’y en avait point au magasin ; ce qu’il faisait par une sage distribution des services payés, des corvées à prix d’argent, et par l’emploi du décompte.
Ce qu’il y a de plus récent et de plus explicatif à ce sujet, est une décision du 29 brumaire an VI qui porte : il sera fait une retenue d’un sou par jour par chaque caporal et soldat, jusqu'à ce qu’il soit pourvu à son menu entretien par les effets ci-dessous désignés, savoir : boucles de souliers et de jarretière, sac à poudre, brosses, trousse, ruban de queue, tire-bouton, alène, tire-bourre, épinglette, tournevis, livret de compte ; mais cette décision est incomplète et ignorée, et tout ce qui concerne le menu entretien est resté vague.
Il en avait été fait mention dans la loi du 23 floréal an V, art 12. Elle promettait à ce sujet un règlement qui n’a pas paru.
sommaire des devoirs du fourrier
Le fourrier veille à ce que tous les effets du soldat soient marqués de la marque du régiment et des numéros de l’homme et de la compagnie, l’habit doit être marqué en dedans et au côté droit à la hauteur de la poitrine sur la doublure de toile au moyen d’une étiquette de papier blanc, où le n° et la lettre seront inscrits avec de l’encre d’imprimerie.
Les vestes à manches le seront de la même manière et à la même place.
Les pantalons de drap seront marqués en-dedans de la couture et au côté droit sur la doublure de la toile.
Les pantalons de toile seront marqués de même.
Les capotes seront marquées à 50 millimètres au-dessous du collet et au milieu du dos sur la doublure avec de l’encre d’imprimerie.
Les schakos seront marqués en-dedans par les mêmes procédés, l’étiquette sera placée au fond du schako.
Les bonnets de police seront marqués en-dedans sur la doublure et au milieu de la calotte de la même manière que les schakos.
Les guêtres noires le seront en-dedans sur le devant de la jambe, sur la doublure de la toile qui garnit la partie supérieure.
Les guêtres grises sont marquées de même.
Les chemises seront marquées avec de la rouille ou de l’encre d’imprimeur, au côté droit, à la hauteur de la poitrine.
Les souliers seront marqués au moyen de l’empreinte d’un fer chaud en-dedans de la semelle au milieu du talon. L’empreinte sera assez légère pour qu’elle ne blesse pas le pied.
Les chaussettes seront marquées en-dedans et au côté droit sur la doublure de toile avec de la rouille ou de l’encre d’imprimerie.
Buffleterie :
La giberne sera marquée au moyen d’une empreinte faite avec un fer chaud sur le côté droit du coffre au-dessous de la sous-pattelette, entre la bordure du fond et la bourse.
La banderole de la giberne, ainsi que les baudriers, seront marqués intérieurement avec de l’encre d’imprimerie sur le milieu du buffle à l’endroit où se croisent, par derrière l’homme, le baudrier et la banderole.
Le havresac sera marqué aux extrémités de ses bretelles près de leur jonction, au moyen d’un fer chaud, de manière à ne pas brûler la couture du contrefort qui les réunit.
Les courroies longues et courbées du havresac, le seront de même au milieu et à l’intérieur.
La bretelle du fusil sera marquée intérieurement au moyen d’une empreinte d’encre d’imprimeur, à la partie qui appuie entre la première capucine du fusil et celle d’en bas.
Le fourreau de baionnette doit être marqué au moyen d’un fer chaud sur le côté opposé à la couture, à 25 millimètres au-dessous du chapeau de buffle.
Le fourreau de sabre doit être marqué en dehors au moyen d’un fer chaud à 25 millimètres au-dessous de la pointe inférieure du pendant de baudrier.
Armement :
Le fusil doit être marqué au tonnerre près le bouton de culasse, à la plaque de couche entre le talon et la vis à bois, à la douille de baionnette du côté opposé à l’échancrure, 25 millimètres au-dessus du bourrelet, et à la poire de la bague.
Le sabre sur le côté extérieur du fourreau.
sommaire des devoirs du fourrier
5.Différents numéros de soldats
Le fourrier doit fixer et connaître les différents numéros particuliers à un même soldat, savoir :
1° : Le numéro d’inscription matriculaire qui est invariable et roule sur tout le régiment.
2) : Le numéro de contrôle annuel qui change tous les ans, et ne roule que sur la compagnie.
3° : Le numéro d’habillement et équipement, qui doit être pareil au numéro de l’armement qu’on donne au soldat. Afin que ce numéro ne soit pas confondu avec celui d’autres compagnies, il y est toujours joint une lettre alphabétique particulière, qui désigne la compagnie.
Quand l’homme passe d’une compagnie à une autre, il prend son nouveau numéro.
Ce numéro est, pour tous les tambours et fifres, celui de leur instrument ; pour les sapeurs, celui de leur hache ; pour les musiciens, c’est une marque particulière.
4° : Le numéro de rang de taille, lequel roule sur les caporaux et soldats de la compagnie indistinctement.
5° : Le numéro d’escouade, lequel y fixe le rang qu’il y tient, facilite les appels de nuit, et est inscrit sur son étiquette de lit.
6° : Le numéro du lit où il couche.
sommaire des devoirs du fourrier
6.Réparations – Feuille d’habillement
C’est sous la direction du fourrier que doivent se faire les menues réparations d’habillement et de buffleterie par le soldat lui-même, si elles en sont susceptibles, ou par un ouvrier du régiment ; dans ce dernier cas, le fourrier présente les objets à réparer au commandant de sa compagnie, qui lui donne un billet, pour que les réparations soient exécutées.
Le fourrier conduit le soldat chez le capitaine d’habillement, qui fait faire la réparation et la vérifie aussitôt qu’elle est achevée ; le capitaine de la compagnie, après l’avoir également examinée, s’assure si elle provient de la négligence ou maladresse du soldat, et en ordonne le paiement en conséquence. Toutes les réparations à faire, qui, dans les 24 heures, ne sont pas présentés au capitaine d’habillement, sont exécutées aux dépends du fourrier.
Après la distribution de l’habillement et équipement neuf, le fourrier forme deux copies de l’état qu’il en dresse ; un double reste entre les mains du capitaine d’habillement ; il en garde l’autre, et tous les trois mois, il est fait vérification de ces feuilles, où toutes les inscriptions ont dû être contradictoirement portées à mesure.
sommaire des devoirs du fourrier
7.Comptabilité – Signalements, etc.
Le fourrier fait chaque jour le billet de rapport du mouvement des 24 heures, aussitôt l’appel rendu, et le porte au quartier-maître.
Il établit la feuille de prêt, de concert avec le sergent-major.
Il surveille la tenue journalière du cahier d’ordinaire, et en repasse les additions.
Lorsque le fourrier reçoit le prêt des mains de l’officier de semaine, il le distribue, sous les yeux de cet officier, à l’heure de la soupe, aux chefs d’escouade ; il remet aux chefs d’ordinaire la portion du prêt destinée à l’ordinaire ; il tient note du montant général et de la division du prêt, afin que cela se rapporte à l’inscription qu’il en tient au livre de détail.
Il paie le frater (1) au prix fixé dans le régiment.
Au retour des hommes qui sortent des hôpitaux, le fourrier leur retire leur billet de sortie, examine s’il n’y a ni surcharge, ni rature, s’ils n’ont rien touché en effets autrement dans leur route ; il s’assure que les hommes rapportent les effets qui y sont inscrits et remet ces papiers au sergent-major. Si l’homme sortant de l’hôpital a besoin de repos ou d’une convalescence, le fourrier présente cet arrivant à l’officier de santé du corps, afin qu’il constate son état, et que, s’il y a lieu, le sergent-major ne commande point encore cet homme de service. Si c’est un homme de recrue qui arrive, le fourrier confronte son signalement, ou dresse, sous la dictée du sergent-major, ce signalement, s’il n’y en a point encore d’établi, conformément au tableau signalétique ; il examine sa feuille de route, les effets qu’il a reçu en chemin , et les sommes qu’il a touchées.
Dans les 24 heures qui suivent l’arrivée, le fourrier conduit chez le sous-inspecteur tous les arrivants.
(1) Le frater est un soldat qui sait raser, et que l’on exempte ordinairement de service, pour un prix convenu ; il s’entretient de savon et de rasoirs, et coupe les barbes tous les deux jours, ou au moins deux fois par semaine. retour
sommaire des devoirs du fourrier
8.Hommes entrant aux hôpitaux.
Le fourrier remplit les billets d’hôpitaux que le chirurgien a signés, y inscrivant au dos les effets que les partants emportent ; ces billets doivent être imprimés ; il faut, qu’ensuite de la désignation du corps, le numéro matriculaire du malade y soit inscrit.
Le fourrier retire les effets et armes des hommes qui vont aux hôpitaux, en semestre ou en congé ; il enregistre au dos des cartouches, permissions ou billets d’hôpitaux, tout ce que les militaires emportent avec eux. S’ils entrent aux hôpitaux quand le régiment est en route, le fourrier reçoit du caporal de l’escouade la note des armes et effets laissés ou emportés aux hôpitaux.
sommaire des devoirs du fourrier
Le jour de distribution du pain, le fourrier, après avoir dressé le bon et l’avoir fait vérifier par le capitaine, conduit, sous les ordres d’un officier ou d’un adjudant, les hommes de corvée en veste retournée ou sarreau, en pantalon et bonnet de police chez le munitionnaire ; ils sont porteurs des sacs nécessaires. Il s ‘assure de l’exacte mesure des distributions, et de la bonne qualité des fournitures.
Le quartier-maître, ou bien un sous-officier à ce préposé, se trouve à la manutention, et fait remettre à chaque fourrier la quantité de pain qui lui revient, en présence d’un officier de la compagnie. Si l’officier de la compagnie ne se trouve point à la distribution, c’est le fourrier qui, dans ce cas, doit signer au bas du bon dont il est porteur, si la distribution a été complétée, et quand elle ne l’a pas été, il n’en donne qu’un récépissé d’à-bon-compte, et garde le bon jusqu’au complètement de la fourniture. Aussitôt que le fourrier est expédié, il ramène en ordre au quartier les hommes de corvée de sa compagnie. Le pain est alors réparti, et il en est fait écriture à l’article « distribution » du livre de détail.
sommaire des devoirs du fourrier
10.Feuille de décompte, de subsistance et d’appel
Le fourrier dresse tous les trois mois la feuille de décompte : elle fait connaître la situation de la masse de linge et chaussure d’une manière conforme aux inscriptions du « livre de détail », et par conséquent, elle doit se rapporter à la feuille du dernier trimestre.
Cette feuille est nominative et contient, homme par homme, le montant des effets de linge et chaussures qui ont été délivrés à chacun, et la situation de sa masse, dont la partie seule qui excède les 30 ou 40 francs, peut-être objet de décompte.
Feuilles de subsistances :
Le fourrier dresse la feuille de subsistance du trimestre conformément au modèle donné. Cette feuille contient sommairement :
1° : Le nombre d’hommes par grade, le nombre de journées donnant droit aux diverses espèces de soldes, aussi par grade, et le décompte de ces mêmes journées, ainsi que les sommes allouées pour indemnités de vivre et suppléments de solde aux conducteurs de conscrits.
2° : Le tableau des feuilles de prêt pour les deniers de poche.
3° : Les recettes et dépenses des fournitures en nature. Cette feuille est faite tous les trimestres ; elle est certifiée par le chef de la compagnie et visée par le major ; on joint à l’appui la minute de chacune des feuilles d’appel établies pendant le même trimestre.
Feuilles d’appel :
On distingue deux espèces de feuilles d’appel : celles de revues mensuelles, et celles de revues trimestrielles. Les feuilles d’appel de revue mensuelle (1) servent à constater l’effectif de chaque compagnie et à vérifier l’exactitude des mutations et mouvements fournis par le corps ; elles présentent les numéros , noms, prénoms, surnoms et grades des hommes ainsi que leurs mouvements et mutations depuis la dernière revue.
(1) Ces revues sont inopinément passées par les sous-inspecteurs qui en déterminent l’époque et le lieu. ( Règlement de revues du 25 germinal an 13, et décret du 16 mai 1810 ) retour
Les feuilles d’appel de revue trimestrielles servent à établir, justifier et régulariser le paiement et la fourniture de la solde et des masses. Ces feuilles doivent être commencées et remises le 1er jour de chaque mois.
Elles présentent les noms, prénoms et grades des officiers ; ceux des sous-officiers et soldats, l’indication des présents, des absents, comptant à l’effectif, de ceux perdus depuis la dernière revue, les mutations et mouvements, le nombre de journées de solde entière et de partie de solde entière à l’hôpital et en semestre. Elle est terminée par un tableau présentant la composition et situation sommaire de l’effectif, le résultat des mutations survenues, dans l’effectif depuis la dernière revue, l’état général des « hautes-payes » à l’ancienneté et les mutations y relatives. Le décompte en deniers pour les journées de solde entière et partie de solde entière, etc. Enfin, le décompte des fournitures en nature.
Le fourrier dresse aux époques ordinaires les feuilles d’appel ou de revues des inspecteurs généraux d’armes, il dresse à la fin de chaque mois les feuilles de revues de sous-inspecteur conformément aux principes ci-après.
Le jour de l’admission ou de l’incorporation n’étant point considéré comme station, les conscrits, enrôlés volontaires, venus d’autres corps et les rayés soit par longue absence ou prisonniers de guerre réintégrés ne comptent à leur compagnie que du lendemain de leur arrivée, les déserteurs rentrés, les absents par jugement, et les venus d’autres compagnies, comptent du jour de leur arrivée à leur compagnie. Les hommes rentrant de congé comptent du jour de leur rentrée.
La journée du départ, quand elle fait perte pour le corps, n’est point comprise dans les cas suivants, savoir : pour les démissionnaires ou destitués, les congédiés, retraités ou passés à d’autres corps, les rayés, soit par longue absence ou prisonniers de guerre ; ils ne sont portés que jusqu’au jour de leur départ exclusivement.
Quant aux hommes, morts à leur compagnie ou tués dans une affaire de guerre, ils sont compris jusqu’au jour inclus de leur mort ou de leur désertion. Les hommes absents par congé sont compris pour la solde entière jusqu’au jour de leur départ exclusivement.
En général il ne doit porter les journées d’absence sur la feuille d’appel que lorsque le retour s’est effectué dans le trimestre, le dernier jour inclusivement ; sinon, ces journées ne sont rappelées que dans le trimestre suivant (1)
(1) Parce qu’un homme en détachement, en congé ou en mission, pourrait être entré à l’hôpital derniers jours du trimestre, et que cette entrée étant inconnue au corps, on lui porterait des journées d’hôpital qui doivent être portées comme journées de présence. Un homme à l’hôpital externe est dans le même cas. retour
Lorsqu’un homme sort de sa compagnie pour se rendre à l’hôpital, on doit toujours indiquer l’hôpital sur lequel il a été dirigé ( hôpital de telle ville ), lorsqu’il est rentré dans sa compagnie on désigne alors s’il vient de l’hôpital du lieu ou l’hôpital externe.
Lorsque l’entrée ou la sortie se sont effectuées dans un hôpital de la ville où la compagnie est en garnison, on désigne ( sorti de l’hôpital du lieu ) si lors de la sortie de l’hôpital la compagnie n’était plus dans la même garnison, il serait dans ce cas porté : ( rentré de l’hôpital externe ) comme s’il eût été dirigé sur un hôpital externe.
Lorsqu’un homme est décédé à l’hôpital, les journées qu’il a passées à l’hôpital ne doivent pas être comptées, le corps n’ayant point droit au rappel de ses deniers d’hôpitaux.
La journée d’entrée à l’hôpital, soit du lieu ou externe, compte à l’hôpital ; celles de sortie de l’hôpital du lieu compte à la compagnie. La rentrée de l’hôpital externe compte à l’hôpital.
Soit que les militaires voyagent isolément ou en détachement (1) , les journées de marche de départ et d’arrivée comptent pour la route.
Les hautes-payes à l’ancienneté sont portées à raison de 30 jours quel que soit le mois de l’année.
(1) Pour former un détachement, il faut qu’il y ait au moins six hommes réunis ( Règlement du 25 germinal an 13, art 120 ) retour
Les journées pour les officiers se calculent à raison de 30 jours, excepté pour l’indemnité de fourrage. A cette différence près, les principes ci-dessus leur sont applicables. Quand à l’indemnité de logement (1), elle ne leur est payée qu’à raison du nombre de journées de station, et à compter du lendemain, mais ils y ont droit pour les journées d’absence pour la conduite des conscrits.
Les mutations et mouvements étant quelquefois fort compliqués pour un même individu, on a remarqué qu’on faciliterait le calcul et le classement des diverses espèces de journées en établissant ces journées pour chacun des mois du trimestre séparément.
(1) Elle leur est due que lorsqu’on ne leur fournit pas en nature ( Loi du 23 floréal an 5, art 7 ; Circulaire du 24 fructidor an 10 ; Décret du 16 mai 1810 ) retour
sommaire des devoirs du fourrier
Quand il est accordé un congé par ancienneté ou réforme, le fourrier retire d’entre les mains de celui qui l’a obtenu, ceux des effets d’équipement, habillement, armement et grand équipement qu’il ne doit pas emporter ; il remplit son congé, fait son compte, le transcrit au dos du congé, et présente ce congé ( quand il est revêtu des signatures nécessaires ), à la signature du sous-lieutenant. Maintenant ces congés ou cartouches sont sur papier blanc ; il n’y a pas de cartouches de couleur, que celles qui sont délivrées aux hommes condamnés aux travaux publics, et qui ont fait leur temps.
sommaire des devoirs du fourrier
12.Petits congés, Semestriers, Déserteurs.
Quand les semestriers rejoignent, le fourrier retire leurs cartouches ou permissions, et s’assure si elles portent le visa qui a dû y être apposé au lieu ou ils ont résidé (1) ; il examine s’il n’y a ni surcharge ni rature, et s’ils n’ont rien touché en effets ou autrement.
Si l’homme qui rentre ne rapporte point sa cartouche, il perd tout droit au décompte de solde depuis son départ, et la somme qui lui reviendrait est versée à la masse de linge et chaussure. Tous ces papiers sont remis par le fourrier ou sergent-major, afin qu’ils soient communiqués au sous-inspecteur, ainsi que tous les brevets, congés, billets de sortie d’hôpital, extraits mortuaires, etc.
Le fourrier fait ensuite l’état de ce qui revient à ces hommes, visite leur sac, et avise aux moyens de pourvoir au remplacement ou à la réparation des objets qui leur manquent ou qui sont dégradés.
Sitôt qu’un soldat est mort ou est soupçonné de désertion, le fourrier s’empare de son sac ; il en fait la visite en présence du sergent, chef de la subdivision dont faisait partie le mort ou le déserteur ; il fait un état de ce qu’il y trouve, le présente à la signature du capitaine, et remet le sac et les effets au sergent-major.
(1) Ancien usage. Toute cartouche ou permission de semestrier devait être visée, à son arrivée dans son pays, par le commandant de la maréchaussée, et il devait en outre apporter un certificat de bonne conduite, signé de ce commandant ou du curé de sa paroisse, sous peine de perdre la paie qui lui serait revenue pendant son absence, et de n’avoir pas de congé une autre année. ( Manuel pour le corps d’infanterie, 1781, chap.7, art.7 ) retour
sommaire des devoirs du fourrier
Lorsque le régiment doit partir, le fourrier réunit, la veille du départ, les ballots ainsi que l’excédant des armes, équipement et habillement, et fait porter le tout au vaguemestre du régiment ou au sous-officier qui en fait fonction, de même que les caisses, malles, coffres, valises, porte-manteaux qui doivent être transportés par les équipages. L’ordre du jour indique le lieu où doivent être déposés ces effets.
sommaire des devoirs du fourrier
En route, les fourriers s’assemblent à « la diane » ou bien au « rappel » pour les tambours, et partent sous les ordres d’un officier quand on bat la « générale » ou le « premier » ; arrivés au gîte, ils se rendent à l’hôtel de ville, et reçoivent du quartier-maître ou de l’officier commandant le logement, les billets de logement de leurs compagnies.
Le fourrier fait, sous les yeux du quartier-maître ou de cet officier, inscription du nom et du numéro des hôtes pour lequel il y a des billets ; il met à côté de leur nom, celui du soldat qu’ils doivent loger, afin de prévenir le changement des billets, d’en prouver l’emploi et d’avoir les éclaircissements nécessaires en cas de plainte contre les soldats. Il va alors reconnaître le quartier de la ville affecté à sa compagnie.
Si le régiment doit loger dans une caserne, les fourriers y sont conduits par le quartier-maître ou par l’officier qui le remplace, pour s’occuper de l’établissement du logement (1)
Défense expresse leur est faite de rien changer à l’assiette du logement, ou de faire, par une préférence répréhensible, des permutations en faveur d’une escouade ou d’un individu au préjudice d’un autre. Il leur est défendu, sous les peines les plus fortes, de faire aucun trafic de billets, en proposant aux hôtes qui paraissent dans l’aisance, d’entrer en accommodement, et de payer le rachat (2) des billets qui pourraient se trouver superflus.
A l’arrivée du régiment, le fourrier se trouve sur la place d’armes.
Aussitôt que le drapeau est renvoyé et que la troupe se sépare, le fourrier sert de guide à sa compagnie, qui se rend sous les ordres de ses officiers, par le chemin le plus court, au centre du quartier de la ville où elle doit loger, ou bien dans la commune voisine (3) où elle va prendre gîte ; c’est là que le fourrier remet les billets de logement aux officiers et sous-officiers, ceux-ci étant tenus de rester jusqu’à l’entier établissement de la troupe.
Comme il ne doit délivrer les billets qu’après l’appel fait, il n’en distribue qu’aux hommes présents ; il remet au commandant de la garde de police les billets non distribués, portant au dos le numéro de la compagnie et le nom des soldats absents auxquels ils sont destinés, tels que convalescents, manquants aux appels, hommes d’escorte ou d’arrière-garde, hommes à la garde du camp, etc., afin de leur éviter, à travers la ville, des courses superflues et fatigantes. Si ces hommes en retard doivent être logés dans une autre commune, ou bien s’ils doivent être logés avec plusieurs autres camarades à qui le billet aurait été délivré, le fourrier remet à l’officier de la garde de police ce détail écrit.
Il laisse enfin au corps de garde l’inscription de la demeure des officiers, celle du sergent-major et la sienne.
Si à l’appel du soir, il se trouvait encore entre les mains du fourrier quelques billets de logement qui n’eussent pas été employés, il les remet au commandant de la police.
A l’arrivée du régiment dans une garnison, le fourrier reçoit les casernes, et marque avec de la craie le logement de ses escouades (4)
(1) c’est pendant ce temps que l’officier ou adjudant qui a accompagné le quartier-maître se rend au-devant du régiment pour porter à l’officier qui le commande, les ordres du commandant de la place, et remettre lui-même aux officiers et sous-officiers de l’état-major, leurs billets de logement ; il remet au tambour-major son billet et ceux de ses tambours ; il remet pareillement au vaguemestre son billet et ceux des maîtres-ouvriers ; il indique l’heure et le lieu de la distribution, et le nombre d’hommes que chaque compagnie y doit fournir. retour
(2) Tout rachat de choses dues par les hôtes a toujours été sévèrement défendu. retour
(3) Règlement de marche du 25 fructidor an 8, tit.2, art. 3 L’article 26 de l’ordonnance du 8 avril 1718 portait que si les lieux destinés au logement des troupes étaient trop petits, et qu’il ne pût être fourni des lits pour tous les soldats, ceux qui ne pourraient pas en avoir seraient mis dans des lieux où on leur fournirait le couvert, de la paille et du bois. retour
(4) Cependant le règlement de casernement du 30 thermidor an 2, tit.2, art.5, attribue la répartition du logement au sergent-major. Cette disposition parait fautive. retour
sommaire des devoirs du fourrier
Quand on doit camper, les fourriers marchent avec le « logement », et tracent l’emplacement des tentes de leurs compagnies. Ils font placer les faisceaux d’armes et son manteau ; ils prennent également le soin de les faire démonter et transporter aux bagages, à l’instant où l’on bat l’assemblée pour le décampement.
Voir instruction pour le campement d'infanterie
En campagne et dans les manœuvres, les fourriers de fusiliers ont le poste honorable de garde du drapeau (1).
On y plaçait point autrefois le fourrier des grenadiers, à qui le règlement de 1791 avait oublié d’assigner une place. On doit en déduire de ce principe que le fourrier des voltigeurs ne doit pas non plus faire partie de cette garde ; ainsi, des quatre fourriers de fusiliers, le mieux exercé est au second rang ; et les trois autres au troisième rang de l’aigle ou de l’enseigne.
(1) C’était du moins leur destination avant l’institution des aigles et enseignes ( Décret du 18 février 1808, art.17 et 18 ). Ce poste leur convient mal : 1° parce que pendant la manœuvre ils sont souvent employés aux distributions et aux écritures ; 2° parce qu’en marche ils sont au piquet d’avant-garde ou au campement ; 3° parce qu’il y en a parmi eux de mal habiles au pas militaire ; 4° parce qu’en campagne ceux des grenadiers et voltigeurs étant fréquemment détachés avec leurs compagnies, il ne reste que 4 fourriers, nombre bien insuffisant, puisqu’il en faudrait 6 à l’aigle et 8 à l’enseigne. Ce poste aurait du être celui du 4è sergent, qui n’a pas de place en bataille, ou même peut-être le poste du 1er sergent. retour
sommaire des devoirs du fourrier
Sources : Manuel d'infanterie Bardin 1813 ( Paris )
Transmises par Frank Simon ( Bibliothèque Royale de Bruxelles )
--------------------------------------------------------
Q : Quels sont les différents devoirs d’un caporal ?
R : Ils se divisent comme il suit, savoir :
1. Surveillance et devoirs de toute la journée
Q : Quelle est la surveillance que le caporal doit exercer toute la journée ?
R : Toutes les fois qu’il survient quelques variations dans les escouades, les caporaux doivent porter au sergent-major la liste affichée sur la porte, afin que de suite elle soit rectifiée. Dans le cas ci-dessus, le caporal demande également les nouvelles étiquettes nécessaires. En tout temps, il veille à ce que les gibernes, qui ne sont point en service, soient couvertes de leurs étuis ; il ne souffre pas qu’on fume dans les chambres, ce qui ne peut souffrir que dans les grands froids. Il fait mettre le pot au blanc près des portes de la chambre ; il ne laisse pas blanchie la buffleterie ailleurs que sur le palier ; il a soin que les souliers soient nettoyés avant d’être accrochés ; jamais il ne souffre qu’il reste des souliers sous les lits. Il ne souffre pas que sur les lits on mette du pain, de la viande, des légumes, des armes, etc …. ; il n’y laisse pas coucher de chien, et s’oppose à ce qu’on fasse aucune entaille sur les pieds des lits pour y fourbir et nettoyer les armes.
Les malles et coffres doivent être sous les lits, et le caporal les fait déranger chaque fois qu’on balaie pour qu’il ne s’amasse pas d’ordures. Les baïonnettes resteront au râtelier (1), la douille passée dans le gros bout de la baguette, elles seront renversées ainsi dans leur fourreau.
Les étiquettes des lits présenteront les numéros des armes. Les étiquettes des absents seront retournées, et la cause de l’absence écrite par derrière. Les effets des hommes à l’hôpital seront toujours portés chez le sergent-major, et le partant sera libre d’apposer un cachet sur le coffre, la malle ou le sac qui les renferme, après que le sergent-major aura vérifié ce qui y est contenu et aura signé et placé au fond du sac l’état des effets.
Les fusils, gibernes et sabres des partants seront toujours remis entre les mains du sergent-major par le caporal ; le caporal doit s’assurer fréquemment si les fusils sont à leurs numéros, et si la plaque de couche est nettoyée. Il s’oppose à ce que les hommes se couchent jamais sur leurs lits avec leurs souliers ; il s’oppose à ce qu’on prenne de la paille dans les paillasses pour allumer le feu ou essuyer quelque chose ; il s’oppose a ce qu’on fasse servir les draps en guise de nappes ou de rideaux.
Le caporal se fait représenter les permissions écrites qu’ont les hommes de ne pas manger à l’ordinaire, ainsi que les convalescences et les exemptions d’exercices ; il punit tous les hommes qui, ayant une permission quelconque, et donnée par qui que ce soit, n’auraient pas la déférence de l’en prévenir ; il doit renvoyer à leurs postes ceux qui, étant de garde, seraient venus à la chambre, ce dont il rendrait compte; il doit veiller à ce que les consignés ne gardent qu’une guêtre, et la portent à la jambe gauche.
Le caporal demande à toutes les personnes qu’il ne connaît pas, exceptés aux officiers décorés de leurs épaulettes, ce qu’elles viennent faire au quartier. Il ne souffre dans son escouade ni femmes suspectes, ni étrangers qui n’y ont que faire, ni brocanteurs ; il s’oppose à ce qu’il soit chanté des chansons obscènes, et suspend par tout moyen de conciliation ou de punition les querelles qui peuvent survenir.
Le premier de chaque mois le caporal fait nettoyer les vitres en dedans et en dehors. Tous les samedis il fait laver les bancs, les tables, les bois de lits. Il fait battre les couvertures.
Il s’oppose à ce qu’il soit joué dans la chambre aux jeux de hasard. Le caporal est responsable des ordures qu’on jette par la fenêtre ; si cela se renouvelle, il sera acheté à ses frais des cadenas, et les fenêtres seront cadenassées pendant la nuit.
Le caporal montre aux recrues à monter et démonter les armes, nettoyer les habits, etc…
Il est responsable de la manière dont ils le font. Il doit être capable de procéder à leur instruction depuis les premiers détails de propreté, jusqu’à la dernière leçon de l’école du peloton.
Le caporal doit veiller à ce qu’il soit toujours affiché dans les chambres un extrait des peines de la désertion. Il veille aussi à ce qu’il soit affiché chaque jour, par les soins du caporal de semaine, le service du lendemain, et qu’à chaque quinzaine, la liste des sentinelles soit également renouvelée.
Il veille à ce que le livre d’ordinaire soit toujours pendu à un clou dans la principale chambre.
Le caporal s’oppose à ce qu’aucun homme de recrue ne monte de garde pour ses camarades, moyennant rétribution, avant qu’il ne soit suffisamment exercé pour pouvoir manœuvrer au bataillon ; à l’arrivée des recrues, le caporal les mène chez le sergent-major pour qu’il leur soit donné par lui connaissance des règlements militaires et de la loi sur la désertion. Le caporal assiste à cette lecture.
Le caporal est responsable des vestes coupées ou raccourcies, des habits défaits sans permission, et en général, de tous changements ou réparations faits sans ordre à l’habillement, équipement et armement.
Si faute de place on nettoie les fusils dans les chambres et près des lits, le caporal fait retrousser et plier en double les matelas pour qu’on ne les tache pas, non plus que les couvertures.
Le caporal doit faire laisser à la chambre les effets d’habillement des travailleurs, ils sont déposés chez le sergent-major.
Tout caporal qui ordonne une punition en rend compte au sergent-major et au sergent de semaine.
(1) Ceci regarde les militaires qui n’ont pas de porte-baïonnette à leur giberne, autrement, il faut obéir à l’article 11 titre 2 du règlement de police, ainsi conçu « la baïonnette dans son fourreau restera attachée à la giberne « retour
Retour sommaire des devoirs des caporaux :
2. Devoirs du caporal chef d’escouade.
Q : Que doit faire un caporal quand on fait le roulement le matin ?
R : Se lever, s’habiller, faire lever les soldats de son escouade, en faire l’appel pour s’assurer si ceux qui manquent à l’appel du soir sont ou ne sont pas rentrés, en rendre compte au sergent-major, faire laver les mains et la figure à tout le monde, prévenir ceux qui doivent aller à l’exercice de se tenir prêts à être emmenés par le caporal de semaine de la compagnie. S’il y a des prisonniers qui doivent monter la garde ou être exercés, le caporal de l’escouade prévient le sergent-major, et celui-ci envoie à l’adjudant leur billet de sortie.
Q : Quand tous les hommes sont levés, vêtus, et se sont lavés les mains et la figure, que fait le caporal ?
R : Le caporal fait ouvrir les croisées, afin d’aérer les chambres, suivant la saison ; il fait laisser les lits découverts pendant une heure, afin que l’air puisse les pénétrer : quand le caporal de la chambre doit aller au marché ou rester absent pour quoi que ce soit, le plus ancien fusilier le remplace et est responsable de tout ce qui est dit ci-dessus.
Q : Comment nettoie-t-on les habits ?
R : Le caporal veille à ce que les hommes ne battent ni ne brossent leurs habits dans les chambres, et que la manière de les battre et de les approprier n’ait rien qui puisse endommager l’étoffe ou en altérer les couleurs ; il veille également à ce que les hommes soient toujours peignés et rasés dehors.
Q : Quand les hommes sont peignés et habillés, que fait le caporal ?
R : Il fait refermer les sacs après qu’on y a placé tout ce qui doit y être, et les fait remettre à leurs places.
Q : Y a-t-il quelques soldats exempts de tout ce qui est dit ci-dessus ?
R : oui, les perruquiers et les cuisiniers sont dispensés de s’habiller et de se peigner en même temps que les autres ; cependant quand il est onze heures, les perruquiers ne peuvent pas sortir de la caserne autrement que dans la tenue prescrite pour tout le monde, et après le repas du soir même tenue est ordonnée pour les cuisiniers.
Q : Que doit faire le caporal quand les sacs sont refaits ?
R : Il doit faire recouvrir les lits, faire arroser sous les lits et dans les ruelles, gratter les endroits où la crotte serait endurcie ; faire balayer ensuite et porter les ordures sur le palier, dans un panier destiné à cet usage.
A neuf heures il doit passer l’inspection de ses hommes.
A neuf heures et demie, quand on bat les deux roulements, les conduire au sergent de semaine ( règlement de 1768 )
A dix heures et demie, quand on bat les trois roulements les conduire à l’officier de semaine ( règlement de 1768 )
Q : Que doit faire le caporal quand l’assemblée est battue ?
R : Il s’assure que les soldats sont prêts à descendre au premier coup de rappel.
Q : Que fait le caporal quand on rappelle ?
R : Il réunit les hommes vers le côté de la chambre par où ils doivent descendre, la baïonnette dans le fourreau ; fait placer son escouade sur une ligne, par rang de taille ; s’assure de la tenue des hommes et se met lui-même à la droite de son escouade, avec son fusil s’il doit être de garde, avec son sabre dans le fourreau s’il n’en est pas, de manière que de garde ou non tous les caporaux se trouvent à l’inspection.
Q : Que fait le caporal quand le sergent de semaine l’inspecte ?
R : Il sort du rang après avoir été inspecté lui-même, et accompagne le sergent auquel il rend compte du nom des hommes qui manquent et pourquoi.
Q : Que fait le caporal après l’inspection du sergent ?
R : Il fait mettre la baïonnette dans le fourreau, il reconduit les hommes dans la chambre où il fait exécuter sans délai les ordres qui auraient pu être donnés par le sergent au sujet de la tenue.
Q : Que fait le caporal au roulement de la soupe ?
R : Il veille à ce que personne ne s’absente en ce moment, auquel cas il donne le nom des manquants au sergent de semaine qui doit s’y trouver, et celui-ci à l’officier de semaine, qui doit être également présent.
Q : A l’instant du rappel de la garde, que fait le caporal ?
R : Il fait promptement descendre les hommes tous en même temps, il les remet au caporal ou au sergent de semaine qui les assemble, à moins qu’on ordonne de les former de suite par rang de poste ; c’est alors que le caporal qui n’est pas de garde ni de semaine devient libre de son temps ; mais il ne peut-être exempt de s’acquitter de tous les détails ci-dessus sans une permission spéciale, et sans avoir chargé le plus ancien de la chambre de surveiller en sa place.
Q : Après la garde descendante que doit faire le caporal d’escouade ?
R : Au retour de la garde il doit faire remettre les gibernes dans les étuis, et les fusils à leurs numéros ; il doit consigner jusqu’au lendemain les hommes pris de boisson ; il doit faire conduire de suite à la salle de police les hommes punis pendant leur garde.
Q : Que doit faire le caporal à l’instant de la retraite ?
R : Il doit être rentré un des premiers dans son escouade, y être présent à l’appel, répondre pour ceux qui sont de garde ou de piquet, ainsi que pour les prisonniers.
Q : que doit-il faire au roulement pour éteindre les feux ?
R : Il doit les faire éteindre après s’être assuré que tout le monde est couché.
Retour sommaire des devoirs des caporaux :
3. Devoirs du caporal de semaine.
Q : Quels sont les devoirs du caporal de semaine ?
R : Le caporal de semaine, aussitôt après le roulement du matin, passe dans la chambre, s’adresse à chaque caporal d’escouade afin de savoir : 1° si les hommes manquants à l’appel sont rentrés à l’heure indiquée ; 2° si les hommes manquant à l’appel sans permission sont également rentrés, de manière que l’appel du matin puisse être rendu à l’adjudant à six heures du matin depuis le 1er avril jusqu’au 1er octobre, et à sept heures du matin le reste de l’année ; 3° s’il n’y a point de malades susceptibles d’entrer aux hôpitaux. D’après ces renseignements, il en rend compte au sergent de semaine, et celui-ci au sergent-major ; il fait sortir les prisonniers pour l’exercice, ayant soin de faire descendre leur fourniment et armements à la porte de la salle de police, afin que les détenus ne montent pas dans les chambres ; et aussitôt l’exercice fini, il les fait déshabiller, fait reprendre leurs fourniments et leurs armes, et remet les prisonniers entre les mains du caporal de garde.
A neuf heurs il a la liste nominative des caporaux et soldats de service, afin de s’assurer lorsque les caporaux d’escouade passent leur inspection, si le nombre d’hommes demandé est présent à l’inspection, laquelle liste aura été affichée la veille dans chaque chambre ; il accompagne le sergent de semaine passant l’inspection, à moins qu’il ne faille, à l’instant de l’inspection, réunir les hommes punis ou commandés de corvée ( 1 ), pour quelques mesures de propreté ordinaire ou extraordinaire, suivant que l’ordonne l’adjudant. Dans ce cas le caporal de semaine est exempt d’être à l’inspection. Il doit se trouver au cercle de l’ordre dans la tenue indiquée, et, après l’ordre donné, commander le service des soldats ainsi que tous les hommes de corvée, et afficher la feuille de service du lendemain. Lorsque la majeure partie des caporaux se trouve de service, il doit surveiller entièrement la propreté des chambres ; le soir, il doit aussi être présent et suivre l’officier de semaine et le sergent-major lors de l’appel.
Il ne peut jamais s’absenter que ce ne soit convenu avec le sergent de semaine qui pendant ce temps se tient au quartier.
En général le caporal de semaine doit remplacer dans leurs fonctions tous les caporaux absents pour quelque cause que ce soit, et être lui-même remplacé sur-le-champ s’il est commandé pour un autre service, ou s’il se fait mettre à la salle de discipline.
Les 15 et 30 de chaque mois le caporal de semaine veille à ce qu’il soit affiché dans la chambre principale de la compagnie la liste des sentinelles que le sergent-major fait à cet effet remplir par le fourrier ; cette liste se compose des hommes disponibles pour la garde, elle a pour objet de montrer aux soldats quand vient leur tour de service, et de prévenir les passe-droits ; elle n’est autre que la copie de la troisième division du livre d’appel expliqué au n°53.
Le caporal de semaine fait inscrire journellement par le fourrier les mutations qui pourraient apporter quelque différence dans le nombre des sentinelles
(1) : Les grenadiers ne font de corvées que celles de leur compagnie. Il semblerait juste d’étendre aux voltigeurs cette prérogative. retour
Retour sommaire des devoirs des caporaux :
4. devoirs du caporal chef d’ordinaire
Q : Quels sont les devoirs du caporal chef d’ordinaire
R : De grand matin il va au marché faire les provisions en légumes pour la soupe et le souper, emportant son sabre et emmenant les hommes de corvée en bonnet de police, en sarrot et sans armes.
Il doit prendre toutes les précautions pour faire ces achats avec économie, choisir les denrées de bonne qualité, connaître les avantages qu’il y a à s’approvisionner plutôt dans un marché que dans l’autre, afin de faire bénéficier l’ordinaire ; avoir connaissance des nouveaux poids et mesures, afin de ne pas être dupe de la mauvaise foi de quelques vendeurs, ne jamais laisser revenir les hommes de corvée sans les ramener lui-même. De retour du marché, il doit veiller à ce que tout ce qu’il a acheté soit serré avec ordre pour s‘apercevoir au premier coup d’œil de ce qu’on pourrait y soustraire ; être toujours présent lorsque le cuisinier met et ôte la viande de la marmite, afin qu’il ne fasse que le nombre des portions nécessaires et strictement ordonnées.
Il veille également à la coupe du pain de soupe, pour que chaque gamelle soit égalisée.
Il surveille sans cesse les cuisiniers, afin de voir s’ils emploient à bon usage les denrées mises à leur disposition.
Il veille avec soin à ce que cuisine soit tenue proprement, et tout rangé avec ordre.
Il fait récurer en sa présence, avec du sablon, les marmites, couvercles, casseroles et gamelles, de quelque matière qu’elles soient, toutes les fois qu’on en devra faire usage. Il fait placer ces ustensiles de cuisine et autres objets relatifs à l’ordinaire, de manière qu’ils ne puissent gêner ( art12, titre2, règlement de police )
Il exige des cuisiniers une extrême propreté dans la préparation des aliments.
A l’heure indiquée pour aller à la viande, il doit recevoir du caporal de semaine le nombre nécessaire d’hommes de corvée. Il examine avec attention si la viande est de bonne qualité, si la pesée se fait loyalement et à bon poids, sinon il la refuse ; il ne souffre pas qu’à l’heure du repas aucun des hommes présents s’exempte de manger à l’ordinaire ; à moins qu’il ne lui soit exhibé une permission écrite à cet effet.
Le soir il écrit la dépense du jour, dans l’ordre et de la manière indiquée sur le livret, en présence des hommes de corvée, qu’il fait signer.
Il fait ses dispositions de sorte que du 1er septembre au 1er avril, la soupe du soir se mange à quatre heures, et le reste de l’année à cinq heures.
Chaque dimanche il retire les chemises sales, après avoir distribué les blanches le samedi soir.
Retour sommaire des devoirs des caporaux :
5. Devoirs du caporal d’ordonnance
Q : Quels sont les devoirs du caporal d’ordonnance ?
R : Un caporal d’ordonnance ne s’absente pas de son poste, et ne quitte pas sa giberne pendant la durée de son service, il porte en ordonnance son arme dans le bras droit ; s’il rencontre des officiers du régiment, il passe sans s’arrêter, mais en redressant son arme.
Un caporal qui envoie un soldat en ordonnance s’assure également qu’il porte son fusil avec lui.
Si le caporal ou soldat d’ordonnance sont porteurs d’une lettre ou paquet adressé à un officier supérieur, ou une des personnes à qui le décret sur les honneurs prescrit de présenter les armes, et s’ils remettent cette lettre ou paquet en mains desdites personnes, ils doivent présenter l’arme la soutenant seulement de la main gauche, aveindre et présenter de la main droite l’objet de leur message, et reporter ensuite l’arme au bras droit, sans mettre les mains à leurs schakos ou bonnets.
S’ils portent une lettre ou paquet à toute autre personne, le militaire d’ordonnance s’avance en portant son arme dans le bras droit, à la manière des sous-officiers, présente de la main gauche l’objet de son message, et reprend ensuite la position et l’immobilité des sous-officiers sous les armes, jusqu’à ce qu’il ait la réponse ou le reçu.
Retour sommaire des devoirs des caporaux :
6. Devoirs du caporal de planton
Q : Quels sont les devoirs du caporal ou sous-officier de planton à l’hôpital ?
R : On les trouve détaillés dans l’arrêté des consuls en date du 24 thermidor an VIII , dont voici l’extrait :
« Paragraphe 436 : Indépendamment de la garde de l’hôpital, il sera commandé, chaque jour, un ou deux sous-officiers de planton qui devront assister aux pesées de la viande du matin et du soir, ainsi qu’à celle du pain, après s’être fait remettre, par l‘économe, le mouvement qui indiquera la quantité de malades et d’infirmiers qui doivent participer à la consommation des aliments. Ces sous-officiers se conformeront au surplus à ce qui est prescrit par le paragraphe 205, et à ce qui pourrait leur être ordonné pour le bien du service par le commissaire des guerres.
Voici ce paragraphe : Les visites du matin se font à six heurs depuis le mois d’avril jusqu’au mois d’octobre, et à sept heures le reste de l’année ; elles pourront commencer plus tôt si le nombre des malades l’exige.
Paragraphe 224 : La prescription du régime sera toujours faite à haute voix, afin que le malade sache ce qui lui doit être donné en aliments ; les prescriptions seront écrites en français.
Paragraphe 222 : Le sous-officier de planton ou le commandant de la garde d’hôpital assistera exactement aux visites, afin de faire observer l’ordre et le silence.
Paragraphe 242 : La portion d’aliments pour chaque malade sera, par jour, d’un demi kilogramme de viande, dont deux tiers de bœuf, et l’autre tiers de veau ou de mouton; lequel demi kilogramme ( une livre environ, poids de marc ) de viande cuite, et sans os, doit se réduire à peu près au 9/16 de huit hectogrammes de pain, entre le bis et le blanc, de pur froment et bien cuit ;d’un demi litre de vin de bonne qualité, et vieux autant qu’il sera possible; il sera fourni en outre le sel et le vinaigre nécessaire.
Paragraphe 245 : Chaque pain fourni dans les hôpitaux sera, étant refroidi, du poids d’une ou deux rations complètes, pour en faciliter, sans pesée de détail, la division en trois quarts, demi, quart, demi-quart ou soupe : il sera pesé à son entrée à la dépense et ce qui se trouvera alors de mauvaise qualité sera rejeté.
Paragraphe 246 : la pesée de la viande sera faite à raison de deux cent quarante-quatre grammes, cinquante-sept centigrammes ( une demi-livre ) de viande pour chaque malade, infirmier ou servant, à sept heures du soir pour la distribution du matin, et entre neuf et dix heures du matin pour la distribution du soir ; et si dans l’intervalle de la pesée à la mise de la viande dans la marmite, il entrait quelque malade à l’hôpital, il sera dans ce cas seulement ajouté deux cent quarante-quatre grammes cinquante sept centigrammes ( une demi-livre de viande ) pour chaque entrant.
Paragraphe 247 : Le sergent de planton assistera toujours à la pesée ; et aussitôt qu’elle sera faite, la viande sera mise dans un lieu dont la clef sera donnée à ce sous-officier, qui, à l’heure accoutumée, se trouvera présent pour en faire l’ouverture ; alors la viande en sera tirée et mise dans la marmite devant lui. Il y aura toujours une sentinelle posée à la cuisine, à qui il sera donné pour consigne de ne laisser tirer de la marmite aucun morceau jusqu’au moment de la distribution.
Paragraphe 248 : On mettra dans la marmite, pour chaque demi-kilogramme de viande, un litre neuf décilitres ( deux pintes ) d’eau, qui seront réduits, par l‘ébulition, à un litre quatre décilitres quatre centilitres ( une pinte et demie ) ; on y ajoutera également le sel nécessaire, et autant que la saison le permettra des plantes potagères en suffisante quantité.
Paragraphe 251 : Il entrera dans une panade un demi-hectogramme de pain ; dans une bouillie, trois décagrammes de farine. La portion de riz au gras ou au lait sera d’un demi hectogramme ( une once et demie ) ; la portion de lait simple sera d’un quart de litre ; et il entrera également un quart de litre de lait dans une bouillie et dans un riz au lait ; enfin la portion de pruneaux sera de six décagrammes, pesée avant cuisson.
Paragraphe 257 : La distribution des aliments dans les hôpitaux militaires se fera le matin à dix heures, et le soir à quatre heures. Le commissaire des guerres pourra néanmoins modifier quelque chose à cette fixation, de concert avec le médecin et le chirurgien de première classe.
Paragraphe 258 : Vers l’heure de la distribution, la viande sera retirée de la marmite pour être coupée en portions, en présence du sous-officiers de planton, qui assistera également à la préparation des portions de pain et de vin.
Paragraphe 259 : On commencera par distribuer le pain et le bouillon en même temps. Pendant ce temps on disposera dans les cuisines les portions de viande et les autres aliments dont la distribution, ainsi que celle du vin, se feront de suite et avec la plus grande célérité, sans nuire à l’exactitude ni à la propreté.
Paragraphe 262 : Les portions d’aliments, après avoie été comptées en présence du chirurgien de garde et du sous-officier de planton, seront portées et distribuées dans les salles par les infirmiers, chacun dans son quartier.
Paragraphe 264 : Le sous-officier de garde accompagnera également la distribution pour y maintenir bon ordre.
Retour sommaire des devoirs des caporaux :
7 : Devoirs du caporal de patrouille
Q : Quels sont les devoirs du caporal de patrouille ?
R : Le règlement de 1768 les a ainsi prescrits :
« Toutes fois qu’un caporal de patrouille rencontre après la retraite des soldats du régiment, il exige qu’ils lui montrent leurs permissions de manquer à l’appel ; à défaut de quoi il les conduit au corps de garde et les mentionne au rapport ; il y conduit de même toute personne faisant du bruit ; la troupe sous ses ordres doit marcher au pas ordinaire, silencieusement et l’arme au bras. »
Si le caporal apprend pendant sa patrouille quelque chose de nouveau et qui intéresse la sûreté et la tranquillité, il en informe les rondes qu’il rencontre et les postes devant lesquels il passe.
Après la retraite battue, il s’arrête avec sa troupe devant les cafés, cabarets et tabagies ; il y entre seul, en fait sortir les sous-officiers, caporaux, soldats, tambours, etc… qui feraient partie de la garnison. S’ils résistent, il les arrête et les conduit à l’état-major, quand même ces militaires seraient porteurs d’une permission.
Si dans sa route le chef de patrouille découvre un incendie, il s’y porte avec sa troupe pour y maintenir l’ordre, et détache un de ses soldats qui va à la course avertir le poste le plus voisin.
Lorsqu’il est une heure du matin, il arrête les personnes porteurs de paquets qui lui paraîtraient être le fruit d’un vol ; il les conduit au poste le plus voisin.
Le chef de patrouille qui rencontre la ronde-major lui donne le mot en entier.
Quand deux patrouilles se rencontrent, celle qui a crié la première sur l’autre en reçoit les deux premiers mots, et donne ceux de ralliement ; si les deux premiers mots qu’on rend au chef de patrouille qui a crié qui vive, se trouvent n’être point les véritables mots, ce chef arrête tous les hommes qui composent la fausse patrouille, et les conduit au corps-de-garde le plus voisin ; en campagne, les patrouilles font souvent usage d’autres moyens de reconnaissance, tels que signes, gestes ou autres remarques, en outre des mots d’ordre de ralliement.
Le chef de patrouille passant à un poste donne le mot entier au caporal de consigne, et signe sur la feuille de rapport son heure d’arrivée et son nombre d’hommes.
Le chef de patrouille qui serait repoussé par une émeute se retire au poste voisin.
Retour sommaire des devoirs des caporaux :
8 : Devoirs du caporal de garde
Q : Quels sont les devoirs du caporal de garde ?
R : on les trouve dans le règlement de 1768 dont voici l’extrait :
« La nouvelle garde arrivant à quinze pas du poste, doit porter les armes, battre aux champs et prendre le pas ; elle se met en bataille à gauche de l’ancienne; si le terrain n’est pas assez large, l’ancienne se place face au corps-de-garde, auquel la nouvelle tourne le dos. S’il y a moins de onze hommes, la sentinelle non comprise, la garde est sur un rang; s’il y a moins de dix-sept, sur deux rangs; au dessus de ce nombre, sur trois; les caporaux à la gauche, à moins qu’ils ne commandent le poste (1).
Le commandant numérote la garde, et lui commande l’arme au bras ; le caporal de consigne visite le poste, en rend compte au commandant. Alors les premiers factionnaires sortent des rangs ; la sentinelle de l’ancienne garde étant rentrée, les commandants des deux postes leur font porter l’arme ; et à quinze pas du poste, le commandant de la garde descendante fait remettre la baïonnette, mettre l’arme au bras et retourner au quartier.
Le commandant de la nouvelle garde fait faire par le flanc, haut les armes, rompre les rangs, et placer les fusils au râtelier suivant les numéros. Le caporal répète ensuite la consigne au caporal de pose, et après à le sentinelle.
Le caporal de pose réveille un quart d’heure à l’avance les soldats qui doivent aller de faction ; il les présente au commandant qui assigne à chacun leur poste ; les plus anciens soldats sont mis devant les armes et aux endroits les plus essentiels. Si tous sont également intéressants, les recrues sont au poste le plus à portée d’être surveillé (2) ; le caporal s’assure de la tenue des hommes de faction, et de la manière dont la pierre à feu est assujetie ; en revenant de pose, le caporal rend compte au commandant de l’état dans lequel il a trouvé chaque sentinelle.
Le commandant d’une garde pourra punir les fautes légères par quelques heures de faction ou par les corvées de la garde ; il fera arrêter sur le champ l’homme de la garde qui aurait commis quelque faute grave ; il en fera de suite le rapport à l’état-major de la place, et ensuite à celui du corps ; il fait relever toute sentinelle qui par mégarde ou autrement aurait tiré un coup de fusil à son poste.
Le commandant d’un poste ne permet à aucun soldat de s’en éloigner de plus de cent pas, et prescrit à la sentinelle de ne jamais s’éloigner de la guérite de plus de vingt-cinq pas ; il ne laisse entrer personne au corps-de-garde que par raison de service ; il n’y laisse entrer aucun marchand d’eau-de-vie ; il empêche les étrangers de boire, manger ou jouer au corps-de-garde. Après l’appel, il fait mettre les bonnets de police, les sarrots et les couvre-gibernes.
S’il éclate un incendie, le commandant y envoie de suite un détachement de sa garde, et dépêche un soldat en ordonnance pour en donner avis à l’état-major.
(1) Dans tous les cas, mais principalement devant l’ennemi, un chef de poste doit diviser sa garde en deux subdivisions, afin de ne se dégarnir que de la moitié de son feu à la fois, dans la supposition qu’il faudrait repousser une attaque. retour
(2) A moins que par hasard ils ne se trouvent monter au poste de la place d’armes, concurremment avec des grenadiers, parce qu’à ce poste seulement, la faction est exclusivement faite par un grenadier. retour
Q : Quels sont les honneurs que le caporal de garde doit faire rendre ?
R : Ils sont détaillés dans le décret impérial du 24 messidor an 12, dont ce qui suit est extrait en partie :
Les gardes, postes ou piquets prennent et présentent les armes quand sa Majesté Impériale passe devant eux ; le tambour bat aux champs, les sentinelles les présentent. Ils portent les armes pour les princes et maréchaux d’empire, les grands dignitaires, les ministres, les sentinelles présentent les armes, le tambour bat aux champs. Si le sénat passe en corps, les gardes, postes ou piquets portent les armes ; les sentinelles les présentent, le tambour rappelle ; mêmes honneurs aux évêques et archevêques. Les sentinelles de tous corps et à quelque poste qu’elles soient, font face et présentent les armes aux princes, maréchaux, sénateurs, généraux, cardinaux, conseillers d’état, grands officiers, commandants de la légion d’honneur, archevêques, commissaire général, inspecteur en chef aux revues, colonels, adjudant commandant, majors, évêques, chefs de bataillon ou escadron, officiers de la légion d’honneur.
Les sentinelles de toutes les armes les portent aux préfets, aux commissaires ordonnateurs, aux inspecteurs et sous-inspecteurs aux revues, commissaires des guerres, capitaines, lieutenants, sous-lieutenants, et aux membres de la légion d’honneur. Si on était devant l’ennemi, les sentinelles, au lieu de faire face à la personne qui passe, feraient face au côté vers lequel est l’ennemi.
Les gardes, postes ou piquets prennent les armes pour le corps législatif et le tribunat. Il n’est rendu aucun honneur aux ambassadeurs. Les gardes, postes ou piquets portent les armes pour les généraux de division, et les tambours rappellent. Les gardes, postes ou piquets portent les armes pour les généraux de brigade, et les tambours sont prêts à battre. Les gardes, postes ou piquets se mettent en bataille, les armes reposées, lorsqu’il passe un adjudant employé et de service. Les gardes, postes, piquets prennent et portent les armes au préfet du département, s’il passe escorté d’une garde d’honneur : autrement, les sentinelles seules lui portent les armes (1).
Si la cour de cassation passe avec une escorte, les postes présentent les armes et les tambours rappellent.
La garde de police sort sans armes pour le colonel, pour le major et pour le commandant du régiment.
Les sous-officiers et soldats sortent sans armes pour les officiers généraux qui sont de jour.
Si le colonel ou le major font une ronde, les postes sortent et on l’arme reposée.
On ne rend pas d’honneurs avant la diane (2), ni après la retraite ; dans tous les cas, si la garde, poste ou piquets est en route à l’instant où passent les personnes auxquelles la garde, poste ou piquet doivent les honneurs ci-dessus, la troupe s’arrête, se met en bataille et se conforme à ce qui est précité.
Les gardes qui se rencontrent se rendent mutuellement les honneurs, c’est à dire, se cèdent la droite ( paragraphe 7 , titre 25 ).
Si une garde en route rencontre les officiers supérieurs du régiment, revêtus de leur uniforme, le commandant de la garde fait mettre l’arme au bras sans arrêter.
(1) les sentinelles ne doivent d’honneur qu’aux personnes reconnaissables par leurs costumes ou décorations ; une personne qui a plusieurs dignités ne reçoit d’honneurs que ceux affectés aux dignités supérieurs: ainsi par exemple, les sentinelles doivent porter les armes aux préfets, mais elles les leur présentent s’ils sont officiers de la légion d’honneur, et ainsi pour toutes les autres personnes de marque. retour
(2) Entre la retraite et la diane il ne doit être exécuté aucune batterie, soit pour rendre des honneurs, soit pour toute autre cause ; il ne peut être battu que la générale et la marche de nuit. Si une troupe qui voyage a couché dans une garnison, dont elle doive repartir avant l’heure du roulement du matin, elle doit obtenir l’autorisation du gouverneur ou commandant de place pour faire exécuter ses batteries de départ. retour
Q : Continuez à réciter l’extrait du règlement de 1768 ?
R : Pour les officiers supérieurs de visite des postes, le commandant de la garde la fait reposer sur les armes et attend les ordres de l’officier de visite. Une garde ne porte les armes et ne bat aux champs pour une troupe qui passe devant elle, qu’autant que cette troupe les porte et que ses tambours battent ; dans le cas contraire, le poste reste l’arme au bras.
Les gardes ne prennent les armes en cas d’attroupement, que pour leur sûreté, et gardent l’arme au bras.
Quand plusieurs caporaux sont de garde, le plus ancien est caporal de consigne. C’est lui qui est chargé de la propreté du corps-de-garde, et est responsable des objets qui s ‘y trouvent.
Il est défendu aux soldats de jamais tirer le sabre, ou prendre la baïonnette pour faire faction, hormis au magasin à poudre (1).
(1) Il y a même à quelques magasins à poudre une hallebarde destinée aux factionnaires. retour
Le caporal est responsable et paie les objets qui doivent être dans le corps-de-garde, s’ils sont manquants ou brisés pendant sa garde.
Le caporal fait tirer entre eux les soldats qui doivent être de corvée.
Le caporal ne fait faire que six heures de faction aux sentinelles pendant leurs gardes ; cependant, s’il y a urgence, l’état-major peut l’autoriser à leur faire faire huit heures de faction, depuis le 1er avril jusqu’au 1er octobre.
Le caporal a soin de faire connaître à ses sentinelles qu’elles ne doivent révéler leurs consignes à personne, et ne peuvent être relevées que par lui.
Quand la sentinelle crie aux armes ou hors la garde , le caporal veille à ce que toute la garde sorte avec la rapidité de l’éclair.
Le caporal de pose est responsable de la tenue et de l’exactitude des factionnaires, de la propreté de leurs postes et de leurs guérites, ainsi que de la conservation des capotes. A l’arrivée au corps-de-garde, le caporal de pose numérote les hommes de sa garde de droite à gauche si elle est sur un rang. Si elle est sur deux ou trois rangs, il les numérote par file ; il fait ensuite avancer la première pose, la range, lui fait porter les armes, et la présente au commandant ; celui-ci l’inspecte et désigne le poste de chacun d’eux ; le caporal commande marche
Le fusil du sergent se met à droite du râtelier, ceux des caporaux à la gauche, ceux des soldats suivant leurs numéros.
Le caporal examine si les factionnaires n’ont mis ni paille ni pierre dans leur guérite ; où à côté ; s’assure si les fenêtres de la guérite ne sont pas bouchées, si les sentinelles n’ont pas laissé faire d’ordures ou de dégradations autour de leur poste, et si elles n’ont pas déchiré leurs capotes.
Les caporaux de pose font toujours répéter à chaque sentinelle sa consigne en entier, afin de s’assurer qu’elle n’a rien oublié.
Le caporal ayant ramené au poste les anciennes sentinelles, les présentes au commandant de la garde, et lui rend compte de sa tournée. Il fait ensuite présenter les armes, faire haut les armes et rompre les rangs.
Il tient la main à ce que chacun mette son arme à sa place.
Le caporal envoyé avec quelques hommes dans un incendie, en éloigne tous les gens oisifs, afin qu’ils n’embarrassent pas ceux qui travaillent ; il fait en sorte d’y maintenir l’ordre et se retire à son poste, quand les piquets ou compagnies de grenadiers arrivent.
Le caporal ne doit jamais quitter son poste ; s’il a plusieurs sentinelles, il peut se faire aider pour relever le plus ancien fusilier.
Il veille à ce qu’il ne soit pas joué au corps-de-garde des jeux de hasard. Le caporal en posant en faction ses sentinelles, doit leur répéter qu’il leur est défendu de chanter, siffler, fumer, boire, manger, travailler, causer, entrer dans la guérite, à moins de mauvais temps, pendant les deux heurs de la faction (1). S’il surprenait quelqu’un désobéissant à cet ordre, ce serait l’objet d’un rapport qu’il doit faire au chef de poste, et s’il est lui-même commandant du poste, ce serait un des objets du rapport ordinaire.
(1) Dans le temps des grandes gelées, l’état-major peut autoriser les chefs de poste à ne faire qu’une heure de faction de suite. retour
Q : Comment le caporal reconnaît-il les rondes ?
R : La sentinelle devant les armes ayant crié halte : caporal, venez reconnaître , le caporal de consigne du poste se fait accompagner par un fusilier portant le falot ; il se place à droite, ayant le soldat avec le falot à sa gauche, ensuite le caporal crie qui vive ? la ronde ayant répondu ronde major, le caporal, s’il n’est pas chef de poste, crie : halte, chef du poste, venez reconnaître, ronde major.
Aussitôt le chef du poste fait sortir toute la garde, dans le même ordre qu’elle a été le jour, et se porte de sa personne quatre pas en avant, se faisant suivre par deux fusiliers : les fusiliers apprêtent leurs armes, et il crie avance à l’ordre ; il garde son chapeau, met la main sur la poignée de son sabre ou épée, donne le mot d’ordre à l’officier de ronde, et lui rend compte de ce qu’il y a de nouveau à son poste.
Q : Que prescrit le règlement du 1er fructidor an 8, qui puisse concerner le caporal de garde ?
R : Le voici :
Chauffage du corps-de-garde
|
1ère classe de 16 hommes et plus : |
On fournit le bois les premier et dernier mois d'hiver, à raison d'un sixième de stère, les autres mois à raison de deux sixièmes. |
|
2è classe de 8 à 16 hommes |
Les premier et dernier mois d'hiver, à raison d'un huitième de stère; les autres mois à raison de deux huitièmes. |
|
3è classe de 7 hommes et moins |
Les premier et dernier mois d'hiver à raison d'un dixième de stère, les autres mois à raison de deux dixièmes. |
Le premier mois d'hiver est du 16 octobre au 15 novembre: les quatre grands mois d'hiver sont du 16 novembre au 15 mars; le dernier mois d'hiver est du 16 mars au 15 avril. ( Ceci regarde Paris et les pays où il n'y a que 5 mois d'hiver ).
En été, il est donné quatre tourbes de tanneur, par jour ; elles sont de 13 centimètres et demi de long sur 8 de large et 5 et demi d'épaisseur.
Retour sommaire des devoirs des caporaux :
9. Devoirs du caporal en route.
Q : Quels sont les devoirs du caporal en route ?
R : Il doit veiller, avant qu’on ne quitte la caserne, à ce que tout le logement soit nettoyé avec le plus grand soin. Il doit être instruit de ce qui suit :
La troupe qui voyage ne peut partir que munie d’une feuille de route délivrée par le commissaire des guerres du lieu du départ, ensuite de revue de présence passée par l’inspecteur aux revues, ou, en son absence, passée par le commandant d’armes. La journée de marche doit être de six à huit lieues, à raison de 2,556 toises chacune, ou bien de 30 à 40 kilomètres. Le sous-officier et le soldat n’ont droit qu’à la fourniture du logement, et à celle d’une ration de pain délivrée sur le mandat d’un commissaire des guerres, d’un préfet, d’un sous-préfet ou d’un maire.
Au lieu de vin et de viande, qui étaient fournis autrefois par l’étapier (1), il est accordé une indemnité de 25 centimes (2) par jour et par sept lieues ( ou 35 kilomètres ), laquelle indemnité est payée indépendamment de la solde, et spécifiée sur la feuille de route.
Quant aux sous-officiers et soldats voyageant isolément avec une feuille de route et coupon (3), ils n’ont point droit dans ce cas à la fourniture du pain ni à la solde, et reçoivent une indemnité de route (4) de 30 centimes par myriamètres ou de 3 sous par lieue.
(1) On fait remonter à 1549, sous Henri II, l’origine de l’étape. Ce mot signifie « marché ouvert à tout le monde » parce que c’était une entreprise au rabais. Avant Louis XIV, elle n’existait plus, ce fut lui qui la rétablit en 1727, telle qu’elle a subsisté jusqu’à la révolution. retour
(2) Une ordonnance de 1763 prévoyant le cas où les troupes marcheraient sur des routes où l’étape ne serait point établie, accordait un sou au simple soldat pour indemnité de pain, vin, viande : aujourd’hui il reçoit cinq sous pour indemnité seulement de vin et de viande. Sans exagération, l’on peut dire que le sort du soldat est deux fois meilleur qu’avant la révolution. retour
(3) On appelle coupon un morceau de papier détaché de la feuille de route, et qui sert de reçu au payeur qui en a acquitté le montant. retour
(4) Fixé par la loi du 23 frimaire an 5 , et l’arrêté du 22 messidor an 5 retour
Le caporal en route doit se lever aussitôt qu’il entend battre le premier (1), et faire lever les hommes qui auraient couché dans le même gîte que lui.
Il part du logement quand on bat l’assemblée, afin de se trouver rendu sur la place d’armes, ou au lieu du rassemblement du corps, quand le rappel commence.
Il met promptement en ordre les hommes de son escouade, s’assure qu’il n’y en a pas qui soient pris de vin, et note ceux qui manquent et pour quelle cause, afin d’en rendre compte lors de l’appel que fait le sergent-major, un peu avant le départ.
Il s’assure qu’il ne manque aux hommes aucune pièce de leur armement et équipement ; qu’ils sont porteurs de leur havresacs ; du nombre de cartouches données, ainsi que des effets de campement dont ils doivent être chargés à leur tour, comme serpe, pioche, hachette, marmite, petit ou grand bidon, gamelle, etc…
Le caporal prend note et rend compte de tous les objets ci-dessus qui se trouvent manquants : le caporal s’assure que tous ses hommes sont vêtus de la manière prescrite par l’ordre de marche.
Il informe le sergent-major du nom des hommes qui, étant éclopés, auraient pris de l’avance afin d’aller à un pas plus lent que celui de la troupe, ou de ceux qui, se trouvant incommodés, auraient été par urgence obligés de monter sur les voitures (2) ; il a soin de rassembler les objets d’armement et équipement, ainsi que les cartouches des hommes qui entrent aux hôpitaux (3), ou qui, étant arrêtés pour des fautes graves, sont mis à la garde du camp (4).
(1) Battre le premier ou battre aux champs est la même chose ; cependant il y avait des régiments dont le premier consistait en trois coups de baguettes. retour
(2) Règlement du 25 fructidor an 8, titre 1er, paragraphe 13 retour
(3) Règlement du 25 fructidor an 8, titre 8, paragraphe 21 retour
(4) Règlement du 5 avril 1792, titre 6, article 31 retour
Au roulement, le caporal réunit promptement les soldats de son escouade, et, une fois en route, il ne souffre plus qu’ils s’arrêtent ou qu’ils s’écartent sous aucun prétexte ; les haltes étant l’instant d’allumer sa pipe, de boire, ou de satisfaire à ses besoins.
Le caporal veille à ce que tous ses hommes marchent en ordre sur trois de front ou en colonne (1), selon que l’ordre en aura été donné, ne confondant pas leurs rangs et ne changeant rien aux distances ordonnées (2). Si la difficulté du chemin occasionne quelque défectuosité à cet égard, il la fait rétablir aussitôt suivant l’ordre prescrit. Il empêche que les soldats n’attachent à leur fusils ni bidons, ni bâtons de tente, afin qu’ils soient toujours en état de porter les armes au premier signal.
Le caporal veille à ce qu’un soldat forcé de quitter son rang pendant la marche, en demande permission au commandant de la subdivision, et donne son fusil à son camarade (3).
Il ne laisse jamais arrêter les soldats aux ruisseaux ou puits pendant la marche, leurs bidons devant leur suffire.
Dans les villages, il fait soigneusement serrer, empêchant que personne ne s’arrête.
Dans les marches de nuit, le caporal fait observer le plus grand silence et redouble d’attention pour qu’aucun homme ne s’écarte.
Il empêche qu’il ne soit jamais crié ni halte, ni marche, et qu’on fasse passer aucune parole (4).
Le caporal doit savoir que dans la nuit, quand on entend en route le tambour battre le rappel à la queue de la colonne, cela signifie qu’il faut arrêter pour attendre la colonne qui ne peut suivre, et que quand on entend battre aux champs à la queue de la colonne, cela indique que la tête peut recommencer à marcher parce que la queue l’a rejointe.
(1) Voyez article 12, IIIè partie de l’école de bataillon. La leçon de la colonne en route n’autorise point en voyage la marche de flanc, quelque mauvais que soit le chemin. retour
(2) Article 53 et suivants, titre 19, règlement du 5 avril 92. retour
(3) Voyez paragraphe 22 du titre Ier du règlement du 25 fructidor an 8 retour
(4) Voyez paragraphe 79, titre 19, règlement du 5 avril 92 retour
Si, avant d’arriver au gîte, il fait encore jour et qu’il ne pleuve point, le caporal fait ôter les enveloppes en étoffes dans lesquels les fusils pourraient être enfermés par précaution contre l’humidité. Il doit savoir qu’une troupe arrivante qui se range en bataille sur la place d’armes, doit, autant que possible, y faire face au corps-de-garde.
En arrivant au gîte, le caporal doit s’assurer si aucun homme de son escouade n’est resté en arrière, et s’ils ont bien tous les objets dont ils doivent être porteurs.
Il ne quitte le lieu où le bataillon se sépare qu’après avoir pris connaissance de la demeure du sergent-major, et de celle du capitaine, afin de pouvoir les trouver la nuit si cela est nécessaire.
Le caporal observe pour son propre compte, et fait observer aux soldats qui logeraient avec lui, qu’ils n’ont d’autres droits chez l’habitant que celui d’obtenir place au feu et à la lumière, et d’autre demande à faire que celle d’un pot pour cuire leur viande, et d’une gamelle ou écuelle pour l’apprêter et manger.
Il doit savoir que le plus petit billet de logement ne peut être pour moins de deux hommes, auxquels il ne doit être fourni qu’une chambre, un lit et deux chaises.
Qu’il n’y a que les adjudants, tambours-majors et sergents-majors qui aient droit de coucher seul ou du moins de ne jamais coucher avec les soldats ; qu’en aucun cas les hôtes ne peuvent être dépossédés de leurs lits, ni de la chambre qu’ils occupent habituellement, que ceux qui s’établissent en d’autres logements que ceux indiqués par leurs billets, ou les troquent entre eux, sont punissables de quinze jours de prison.
Tout caporal ou sous-officier qui se trouverait être détaché dans un village ou hameau par l’effet de la répartition du logement, ne doit point se mettre en route sans avoir reçu du maire un certificat de bien vivre.
Le caporal qui se trouverait à l’arrière-garde ne doit pas souffrir qu’une voiture destinée aux convois militaires, qui serait attelée de quatre chevaux, soit chargée de plus de quinze cents livres de poids, ou bien de plus de dix à douze hommes éclopés.
Qu’une voiture à trois chevaux soit chargée de plus de onze à douze cents livres de poids, ou bien de plus de huit à neuf hommes.
Qu’une voiture à deux chevaux soit chargée de plus de sept à huit cents livres, ou bien de plus de cinq à sept hommes.
Qu’une voiture à un cheval soit chargée de plus de quatre à cinq cents livres, ou de plus de trois à quatre hommes.
10. Devoirs du caporal dans une action
Q : Quels sont les devoirs du caporal dans une action ?
R : Lorsque le caporal prévoit une action, il recommande aux hommes de son escouade d’être attentifs à ne faire feu qu’au commandement, à ajuster soigneusement avant de tirer, à épingler souvent, à reprendre l’immobilité parfaite lors des roulements.
Il leur recommande de prendre les cartouches sans en laisser tomber, d’amorcer avec attention et sans perdre de poudre, de bourrer suffisamment, de ne point oublier la baguette dans le canon, de regarder si après le feu il sort de la fumée par le trou de la lumière, ce qui est l’indice du coup parti ; leur enseignant que s’il ne se montre pas de fumée, il faut épingler et réamorcer, et que si le soldat ferme les yeux en tirant et néglige la remarque ci-dessus, il fait ensuite la faute de mettre dans son canon de fusil plusieurs cartouches les unes sur les autres, ce qui peut l’estropier, ainsi que ses camarades, lorsque le coup vient à partir.
Le caporal doit aussi, avant le combat, s’assurer que les fusils sont garnis de bonnes pierres à feu, et les gibernes suffisamment pourvues de cartouches, épinglettes (1) et pierres de rechange. Il doit à l’instant du combat donner l’exemple du sang-froid, du silence et de l’attention.
Il obéit rapidement à l’ordre que lui donneraient ses supérieurs de se porter en chef de subdivision, guide, guide-général, serre-file, garde du drapeaux ou porte-drapeau ; car il se pourrait que ceux qui doivent occuper ces places fussent mis hors de combat. Il doit savoir qu’il est prononcé peine de mort contre quiconque quitte son rang dans une action pour fouiller les morts, ou les dépouiller, et que pareille peine est prononcée par le règlement contre celui qui quitterait son rang pour mutiler ou achever un blessé, attentat qu’il faut, il est vrai, croire impossible.
(1) Avant la révolution, les épinglettes étaient attachées au coin droit de la giberne ; depuis cette guerre les soldats ont pris l’habitude de les fixer à une boutonnière du revers. retour
Le caporal s’oppose à ce qu’aucun soldat ne quitte sa place sous prétexte d’aider à transporter les blessés, ou sous celui d’aller chercher des cartouches ; elles doivent être, en cas de besoin, apportées et distribuées aux soldats de chaque rang par les tambours, dont une partie peut-être occupée à cet emploi, tandis que l’autre partie reste attentive à faire les roulements, donner les coups de baguettes ou battre la charge. Le caporal ou le sous-officier en serre-file ou en guide doit faire appuyer promptement du côté de la direction indiquée, dans le cas ou la mousqueterie ou bien l’artillerie auraient éclairci les rangs (1).
(1) Il fait appuyer vers la tête si l’on est par le flanc, vers le drapeau si l’on est en bataille, vers le guide si l’on est en colonne. retour
Les serres-files doivent retirer des rangs les hommes mis hors de combat, complétant en tant que de besoin les files par des transferts d’un rang à l’autre.
Le caporal doit enfin, en cas de besoin, décider par ses exhortations et sa contenance ferme ses subordonnés à mépriser le danger et à surmonter tous les obstacles, leur rappelant à propos que c’est l’opiniâtreté autant que la valeur qui gagne les batailles.
Si la cavalerie ennemie avait la témérité de tenter une charge, le caporal en ligne doit être inébranlable, le serre-file doit se rappeler que les règlements autorisent à frapper les fuyards, mais il n’aura pas besoin de recourir à cette fatale extrémité, s’il s’est à l’avance pénétré de cette vérité et en a pénétré ses subordonnés, qu’il n’y a pas de choc de cavalerie, telle impétueuse soit-elle, que puisse redouter une ligne d’infanterie faisant à bout portant feu de deux rangs, et ensuite se hérissant immobilement d’un triple rang de baïonnettes.
Il n’est pas que les sous-officiers n’aient éprouvé ou n’aient ouï dire aux militaires expérimentés qu’en pareil cas les bataillons qui restent en muraille voient bientôt expirer à leurs pieds une partie des ennemis et de leurs chevaux ; que les assaillants qui survivent sont trop heureux de rebrousser chemin au grand galop ; et qu’enfin il y a plus de danger à fuir qu’à rester puisque la désunion d’un seul point d’une ligne peut entraîner la déroute d’une armée, puisqu’ inévitablement les fantassins qui lâchent pied dans une charge de cavalerie vont être foulés et hachés par les escadrons.
Mais s’il était des troupes assez faibles pour qu’il fût besoin de les contenir par de semblables préceptes, en les plaçant, pour ainsi dire, entre deux terreurs, n’y a-t-il pas mille moyens plus puissants que l’épouvante et les menaces pour tout obtenir des Français entrevoyant l’honneur du triomphe !
L’assaut est un cas plus rare ; faire l’approche à bas bruit, à la course, mais sans désunion ; planter l’échelle, s’élancer à la brèche, n’a jamais paru difficile à nos troupes. Une fois le rempart gagné, le caporal, se défiant des embûches qu’il faut encore craindre d’un ennemi même aux abois, rallie son monde, se prépare à un combat en ordre, et se souvient qu’en pareil cas celui qui abandonne son poste pour se livrer au pillage est punissable de la peine exprimée par la proclamation du général qui a commandé l’assaut.
Sources : Manuel d'infanterie Bardin 1807 ( Paris )
Transmises par Frank Simon ( Bibliothèque Royale de Bruxelles )
Retour sommaire des devoirs des caporaux :