( dessins : Roby " Robinet ")
Voici les plans de la fabrication des cartouches :
Voir également : La fabrication de la poudre ( 1793 )
Comment fait-on les cartouches à fusil ?
Pour confectionner les cartouches à fusil, on se sert : 1° De mandrins de 18 centimètres 95 milimètres (7 pouces) de longueur, et de 1 centim. 52 mil. (6lignes 9points de diamètre), lesquels doivent être cylindriques et faits avec du bois dur et sec : l’un des bouts doit être arrondi, et l’autre creusé de manière à recevoir le tiers de la balle.
2° D’une mesure en cuivre , de la forme d’un cône tronqué, ouvert par le haut ; comble, elle doit contenir la quarantième partie de 489 grammes. (La quarantième partie d’une livre de poudre).
3° De papier qui doit avoir du corps, sans cependant être trop épais, et dont la hauteur doit être de 35 centim. 18 mil. (13 pouc.) et la largeur de 43 centim. 29 mil. (16 pouc.). Pour le couper, on plie la feuille en trois dans la largeur, puis chaque tiers en deux dans sa hauteur et chaque moitié du tiers encore en deux, par une diagonale qui prend depuis 5 centim. 86 mil. (2 pouc. 2 lig.) de l’angle supérieur de sa gauche, jusqu’à 5 centim. 86 mil. (2 pouc. 2 lig.) de l’angle inférieur opposé de la droite. De cette manière, chaque feuille se trouve coupée en douze parties, et chaque partie avec laquelle on fait une cartouche est un trapèze de 14 centim. 43 mil. (5 pouc. 4 lig.) de hauteur, et dont une des bases à 0,11 centim. 50 mil. (4 pouc. 3 lig.) et l’autre 5 centim. 86 mil. (2 pouc.2 lig.).
On place une balle dans la cavité du mandrin sur lequel on roule fortement le papier, en commençant par le côté qui fait angle droit avec sa base de 11 centim. 50 mil. (4 pouc. 3 lig.). On observe d’en laisser passer 1 centim. 35 mil. (6 lig.) environ au-dessous, qu’on replie et qu’on arrondit sur la balle, au moyen d’un petit trou pratiqué dans l’épaisseur de la table sur laquelle on travaille. Après avoir retiré le mandrin, on y verse la quantité de poudre déterminée, et l’on plie le papier le plus près possible de la poudre.
Lorsque les cartouches doivent être sans balles (I), au lieu de plier le papier en trois, on le plie en quatre dans sa largeur, et on tire alors seize cartouches ; dan ce cas, la charge de poudre doit être d’un soixantième de 489 grammes (soixantième partie d’une livre.) La mesure est rase.
On s’assure de la justesse des cartouches en les faisant passer dans un bout de canon de calibre.
On en fait des paquets de dix ou quinze, opposant alternativement les côtés des balles, en les enveloppant avec une feuille de papier qu’on replie des deux bouts, et qu’on lie avec une ficelle passée en croix sur le milieu de la hauteur et de la largeur.
(I) Chaque paquet de cartouches à balles qu’on met dans l’auge de la giberne doit y reposer sur ses balles, au lieu que les cartouches mises dans les trous du coffret doivent avoir la balle en l’air. Même principe pour les cartouches à poudre.
Orthographe et syntaxe ont été respectés de l’auteur – Extrait du Règlement de Bardin 1807

( l'art du militaire ou traité complet de l'exercice - l'an premier de la république française )
Composition et fabrique de la poudre :
Nous dirons d'abord un mot de la poudre, qui est l'âme de ces machines ( fusils, canons.. NDLR )
Elles est composée de trois quarts de salpêtre, d'un demi quart de soufre, et autant de charbon : en sorte que sur cent livres de poudre, il y a 75 livres de salpêtre, 12 livres et demi de soufre et autant de charbon.
Voir : Les mesures et les poids :
Ces trois matières se mêlent dans un mortier, ou on les bats pendant environ vingt-quatre heures, après quoi, l'on tire leur mélange du mortier, et on le porte sur un crible, qui a deux à trois feuilles de cuivre, dont les trous ne se répondent point. Ils sont plus petits dans la feuille inférieure que dans la supérieure. C'est en passant par ces trous que la poudre se met en grain. On la fait passer par ces trous, en mettant dessus un morceau de bois rond, de 9 à 10 pouces de longueur, et d'un pouce et demi d'épaisseur, appelé " rouleau ", et en faisant aller et venir le crible sur des bâtons, et le frappant de temps en temps contre quelques chose de solide. Ensuite, on la fait sécher, et on la met dans des barils qui en contiennent à l'aise 200 livres. On met ces barils dans d'autres barils, que l'on appelle " chappe ".
Le salpêtre est ce qui produit le grand bruit et le grand effet de la poudre. Le soufre sert à lui faire prendre feu avec facilité, et comme sa flamme est fort légère, et qu'elle dure peu, le charbon sert à l'entretenir plus longtemps et à empêcher que le mouvement violent du salpêtre ne l'éteigne trop promptement.
Le charbon n'est pas absolument essentiel à la poudre. On peut à sa place se servir de linge brûlé, ou de moelle de sureau bien desséchée; mais ce qui le fait préférer, c'est qu'il est fort commun et fort aisé à préparer.
Il y a deux sortes de poudre, la première qu'on appelle de la " poudre à canon ", est celle dont on se sert communément à l'armée; et la seconde, que l'on appelle de la " poudre de chasse" ou " poudre fine ", est celle dont on se sert dans l'usage ordinaire de la chasse.
La poudre à canon a le grain plus gros que la poudre de chasse, qu'on appelle encore également " à giboyer ". Il y a encore une autre sorte de poudre qu'on appelle le " pulvérin "; elle n'est autre chose que de la poudre ordinaire qu'on écrase pour la rendre plus fine.
Telle est la composition de cette poudre dont les effets sont si surprenants, et qui a produit tant de changements dans les fortifications et dans les armes dont on se servait anciennement à la guerre.