Sommaire :

16/10/2004

Instruction pour le campement d'infanterie

Principes généraux La forme du camp Méthode pour tendre le camp Méthode pour décamper Fournitures

Voir le tableau pour établir un camp :

Principes généraux :

 La présente instruction n’entrera dans les détails que pour le campement d’un bataillon, parce qu’un bataillon une fois campé, tous les autres bataillons peuvent l’être de la même manière.

L’étendue d’un camps doit être déterminée d’après la force de la troupe qui doit l’occuper. Le camp doit être couvert par la troupe en bataille : ainsi il faut connaître l’espace qu’occupe une troupe en bataille, pour assigner l’étendue du front du camp. On a pris pour base cette instruction le camp d’un bataillon de huit cent quarante hommes. En suivant cet exemple, le chef de l’état-major général de l’armée qui entrera en campagne, pourra déterminer pour chaque bataillon, d’après le développement de son front de bataille sur trois de hauteur, les dimensions du front  et de la profondeur du camp que ce bataillon devra occuper, ainsi que la longueur et la division des cordeaux à tracer dont il devra faire usage.

Un bataillon de huit cent quarante hommes, donne en bataille, sur trois de hauteur, un front de 280 files. On évalue la file à 51 centimètres, ou 19 pouces.

Ainsi 280 files occuperont un espace de 144 mètres 12 millimètres, ou 73 toises 5 pieds 4 pouces.

On pourra tracer le camp en partant, soit de la droite, soit de la gauche de la ligne indistinctement.

Les bataillons dans les régiments, et les régiments dans les brigades, camperont toujours dans le même ordre où ils devront se mettre en bataille.

Lorsque la cavalerie campera sur les ailes, on laissera, entre elle et la première brigade de droite ou de gauche de l’infanterie, un intervalle de 50 mètres, ou 25 toises 3 pieds 11 pouces.

Cette première brigade d’infanterie s’alignera sur l’aile de la cavalerie, et les brigades suivantes s’aligneront successivement l’une sur l’autre : on suppose une plaine qui permette d’établir tout le camp sur une même ligne. Lorsque le terrain ne le permettra pas, en suivant le même principe, on sera toujours aligné jusqu’au point où la disposition du terrain forcera de changer de direction la ligne ; mais, dans ce cas, il faut bien faire attention que la queue du camp d’un bataillon ne vienne pas se confondre avec le camp du bataillon voisin. On évitera cet inconvénient en augmentant sur le front l’intervalle qui sépare les camps des deux bataillons, de l’espace nécessaire pour que la queue de l’un ne prenne pas sur celle de l’autre.

Il sera donné pour le front du camp de chaque bataillon fort de huit cent quarante hommes, une étendue de 144 mètres 012 millimètres, ou 73 toises 5 pieds 4 pouces, y compris l’intervalle qu’il doit y avoir entre deux bataillons, parce que le front du bataillon se trouve toujours diminué par les hommes absents.

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De la forme du camp et de son étendue en largeur ou front, et en profondeur.

 

On campera ordinairement par demi-compagnie, formant chacune une demi-rangée de baraques, dans le cas où du front du bataillon ne serait pas au-dessous de 280 files, c’est-à-dire, en supposant la force du bataillon à huit cent quarante hommes.

Lorsque les bataillons seront de huit cent quarante hommes et au-dessus, les deux demi-compagnies seront séparées entre elles par une grande rue, au moyen de quoi les deux rangées de baraques se feront face l’une à l’autre.

La première compagnie de l’aile droite et la dernière compagnie de l’aile gauche de chaque bataillon formeront chacune une rangée de baraques isolées ( voyez les pl. 1re et 2ème ), toutes autres demi-compagnies du bataillon seront adossés deux à deux, et les demi-compagnies adossées seront séparées l’une de l’autre par une petite rue.

Lorsque les compagnies de grenadiers seront détachées, l’emplacement qu’elles devront occuper restera vacant, et augmentera d’autant l’intervalle entre les bataillons.

Les faisceaux d’armes ou chevalets seront placés sur un même alignement à 9 mètres, ou 4 toises 3 pieds 8 pouces 6 lignes, en avant du front des tentes ou baraques, et vis-à-vis de leurs demi-compagnies respectives.

Les cuisines seront placées et alignées en arrière des dernières baraques des sous-officiers et soldats, à 11 mètres, ou 5 toises 3 pieds 10 pouces 4 lignes de distance.

Les adjudants, tambour-major, avec les musiciens, les vivandiers et blanchisseuses attachés aux compagnies, camperont sur un même alignement à 15 mètres, ou 7 toises 4 pieds 2 pouces 1 ligne, en arrière des cuisines.

Les lieutenants et sous-lieutenants camperont sur un même alignement à 15 mètres, ou 7 toises 4 pieds 2 pouces 1 ligne en arrière du rang des adjudants, tambour-major, musiciens, etc.., vis-à-vis leurs compagnies.

Les capitaines camperont sur un même alignement, également à 15 mètres, ou 7 toises 4 pieds 2 pouces 1 ligne, en arrière du rang des lieutenants, chacun vis-à-vis de sa compagnie.

Les officiers supérieurs, les adjudants-majors, le chirurgien et le trésorier camperont sur un même alignement, à 20 mètres, ou 10 toises 1 pied 6 pouces 10 lignes, en arrière des capitaines ; savoir : le colonel vis-à-vis le centre du régiment, ayant à sa droite le chef de bataillon et l’adjudent-major, et à sa gauche l’officier-payeur et le chirurgien.

Les chefs de bataillon et les adjudants-majors seront vis-à-vis le centre de leur bataillon, l’adjudant-major, à la droite du chef de bataillon, et le chirurgien à gauche.

Les avant-trains et caissons seront placés à 20 mètres, ou 10 toises 1 pied 6 pouces 10 lignes, en arrière de la ligne des baraques des officiers supérieurs, vis-à-vis l’intervalle qui se trouve entre les deux bataillons où les canons seront placés. Les baraques des canonniers et soldat du train , ouvriers, conducteurs de fourgons d’ambulances, etc., ainsi que les piquets pour les chevaux, seront établis sur la même ligne ; les fourgons d’ambulances, des vivres, etc., tiendront la droite ( voyez les plans 1er et 2ème ).

Les drapeaux de chaque régiment seront toujours placés au centre de leurs bataillons ou régiments, à une égale distance du front de bandière aux faisceaux d’armes.

Le chevalet du piquet sera placé, savoir, lorsque le régiment sera de deux bataillons, au milieu de l’intervalle qui les séparera ; et lorsqu’il sera de trois ou quatre bataillons, au milieu de l’intervalle du deuxième ou troisième bataillon.

Lorsqu’on campera par bataillon séparé, le chevalet sera placé de la même manière à la gauche du bataillon.

Il n’y aura qu’une seule garde du camp par régiment ; cette garde sera placée à 140 mètres, ou 71 toises 4pieds 11 pouces 10 lignes, an avant des faisceaux, vis-à-vis le centre du régiment.

La baraque destinée à loger les prisonniers sera placée à 2 mètres, ou  1 toise 11 lignes, en arrière de la garde du camp ; elle aura la même dimension que celles du camp.

Les latrines pour les sous-officiers et soldats seront placées vis-à-vis le centre de chaque bataillon, à 110 mètres, ou 56 toises 2 pieds 7 pouces 7 lignes.

Les latrines des officiers seront placées également vis-à-vis le centre de chaque bataillon , à 50 mètres ou 25 toises 4 pieds, en arrière de la dernière ligne du camp et au centre de chaque bataillon.

Les unes et les autres seront entourées d’une feuillée.

D’après ces dispositions, il est facile de déterminer l’étendue du camp d’un bataillon en front ou largeur et en profondeur, ainsi qu’un court résumé va le démontrer ; mais pour l’ordre et la symétrie, une même brigade aura toujours des baraques ou tentes du même modèle.

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 Méthode pour tendre le camp.

 Lorsque les bataillons ou régiments se seront mis en bataille à la tête du camp, un sous-officier par compagnie ira planter les deux faisceaux d’armes de chacune à la place indiquée par les fiches.

Lorsque les tentes seront arrivées, on détachera deux ou trois hommes par chambrée pour aller les chercher, et les porter à la place que leur indiqueront les sous-officiers de campement.

On déploiera promptement les tentes, et aussitôt deux soldats prendront chacun une fourche, en poseront la traverse dessus, si c’est une tente ancienne.

Si c’est une tente du nouveau modèle , lesdits soldats prendront les deux morceaux de bois qui doivent composer le mât, et ils les réuniront ensemble en les ajustant dans leurs entailles, après quoi on posera la traverse dessus ledit mât.

On passera ensuite la tente par-dessus la traverse, ayant attention que les encoignures de la faîtière soient bien montées ; et pour les tentes nouvelles, on l’ajustera par le milieu dans l’entaille où il y a une broche au haut du mât, et on fera entrer en même temps les arcs boutans dans les mortaises qui sont préparées dans le dessous de la traverse, ce qui formera une double potence pour mieux soutenir ladite traverse.

On aura soin aussi de faire entrer la petite broche de fer dans les œillets pratiqués au milieu de la faîtière, et de l’enfoncer dans les trous qui sont percés au milieu et sur le tranchant de la traverse ; cette petite broche sert à fixer solidement la tente et la traverse, et à empêcher que la faîture ne puisse pas se déranger lorsqu’on tend la tente.

Cette opération finie, si c’est une tente ancienne, on placera la fourche du devant exactement à la place indiquée par la fiche, et l’on aura soin que l’autre fourche soit exactement sur la même direction, de manière que les deux encoignures de devant se trouvent exactement sur l’alignement de la fourche de devant, et que les tentes soient aussi placées parallèlement l’une à l’autre dans toute leur longueur.

Si c’est une tente de nouveau modèle, on placera le pied du mat à la place indiquée par la grande fiche, et on restera dans cette position jusqu’au signal qui sera donné pour dresser les tentes toutes ensemble ; ce signal consistera dans un roulement.

 A la fin du roulement, les hommes qui tiennent les fourches ou les mâts de chaque tente, les dresseront aussitôt perpendiculairement, en observant que la traverse des tentes du nouveau modèle soit bien horizontale, et que les deux extrémités de ladite traverse soient dirigées exactement sur l’alignement des fiches vers la tête et la queue du camp.

Aussitôt deux soldats passeront des piquets dans les boucles de cordes attachées aux encoignures des tentes, soit anciennes, soit nouvelles, et les enfonceront également, ils feront ensuite la même opération pour le milieu des culs-de-lampe.

On aura soin, pour les tentes du nouveau modèle, de passer les dernières boucles de cordes qui sont attachées à la moitié de la tente de dessous, dans les boutonnières pratiquées à la sangle du bas de l’autre moitié de tente de dessus, ce qui sert à fermer les deux portes de la tente. Cette opération faite, on enfoncera les autres piquets à volonté.

Les officiers et sous-officiers de chaque compagnie veilleront à ce que l’on se conforme exactement à tout ce qui à été prescrit ci-dessus dans leurs compagnies respectives ; les officiers supérieurs, adjudants-majors et adjudants y veilleront également chacun dans leur bataillon.

Pour que le camp soit bien dressé, si ce sont des tentes de l’ancien modèle, il faut que la première tente de chaque demi-compagnie se trouve placée dans toute sa longueur sur la ligne du front de bandière, et que toutes les autres soient parallèles à cette première dans toute leur longueur ; il doit aussi se trouver un intervalle d’un mètre 30 centimètres, ou 4 pieds de l’une à l’autre, depuis la première jusqu’à la dernière tente de chaque demi-compagnie, et l’ouverture de toutes les tentes doit se trouver exactement sur le même alignement.

Si ce sont des tentes du nouveau modèle, il faut que l’extrémité du cul-de-lampe de la première tente de chaque demi-compagnie se trouve placée exactement sur la ligne du front de bandière ; que le mât et l’extrémité de l’autre cul-de-lampe se trouvent placés bien perpendiculairement à ladite ligne du front de bandière ; et qu’enfin l’extrémité des deux culs-de-lampe, ainsi que le mât de toutes les tentes suivantes de chaque demi-compagnie, se trouvent placés exactement sur le prolongement de ceux de la première tente. Il devra se trouver un intervalle d’un mètre 95 centimètres, ou 6 pieds d’une tente à l’autre.

Les tentes affectées aux prisonniers seront tendues par les soins du caporal de la garde du camp, qui sera chargé de les faire prendre à la compagnie dont ce sera le tour.

Le manteau d’armes du piquet sera tendu par les soins du plus ancien sous-officier dudit piquet.

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Méthode pour décamper

 

Lorsqu’on battra l’assemblée pour décamper, on arrachera les piquets avec le plus de célérité possible ; un soldat se placera au mât des tentes du nouveau modèle, et aura soin de le diriger sur un autre soldat placé en dehors, qui le recevra lorsque l’on cessera de battre le roulement, afin que les tentes tombent toutes ensemble.

On déboîtera ensuite la traverse du mât, on séparera celui-ci en deux, et on attachera le tout par le moyen de courroies qui s’y trouvent clouées à cet effet.

On prendra la précaution d’ôter la terre qui pourrait s’être attachée à la toile à pourrir, et l’on pliera aussitôt la tente en faisant rentrer les deux culs-de-lampe en dedans jusqu’aux encoignures ; on la pliera ensuite par le milieu dans toute sa hauteur, et un soldat placé à chaque extrémité la roulera le plus serré possible en sens contraire, pour qu’elle ait la forme d’un manteau plié.

Les couvertures, lorsqu’on en aura, seront pliées dans la tente, pour être préservées de l’humidité.

Le chef de chaque tente distribuera aux soldats les piquets, ainsi que les outils appartenant à la tente.

Les soldats attachés aux équipages de transport des tentes, chargeront les tentes, les manteaux d’armes et les bois, de manière à ce que les tentes se trouvent au-dessus des bois, afin que ces bois et les ferrures n’endommagent pas la toile de leur pesanteur.

Lorsque l’on détendra des tentes de l’ancien modèle, on placera un soldat à chaque fourche ; ces soldats auront attention de ne les abattre qu’à la fin du roulement, ainsi qu’il ait été dit ci-dessus.

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Fournitures à faire pour le campement des troupes.

 

Il sera délivré aux compagnies des grenadiers et de fusiliers, sous-officiers et tambours compris, une tente du nouveau modèle à raison de quinze hommes, ou deux tentes de l’ancien modèle.

Outre les tentes affectées aux compagnies, il sera délivré aux régiments le nombre de tente ci-après :

Pour chaque adjudant, une tente de l’ancien modèle ;

Pour le tambour-major, le caporal tambour et les huit musiciens, une tente du nouveau modèle ou deux de l’ancien ;

Pour chaque blanchisseuse, une tente de l’ancien modèle ;

Pour l’usage des prisonniers détenus à la garde du camp, une tente du nouveau modèle ou deux de l’ancien ;

Pour le piquet ; un chevalet avec son manteau d’armes.

Les faisceaux par chaque rangée de baraques qu’une compagnie occupera.

Il sera fourni, par chaque tente du nouveau modèle et par deux tentes de l’ancien, une marmite avec son couvercle, et son sac ou son étui, garni de bretelles de cuir ; il y sera ajouté une marmite de plus par compagnie, pour remplacer momentanément celles qui pourraient être en réparation, et pour fournir aux détachements. Dans ce dernier cas, le sergent en sera personnellement responsable.

Il sera fourni encore, par chaque tente de l’ancien modèle, une gamelle, un grand bidon, quatre outils garnis de leurs étuis et courroies ; savoir, une pelle, une pioche, une hache et une serpe ou petite hache à marteau ; ces effets seront fournis doubles par chaque tente du nouveau modèle.

Il sera fourni de plus deux couvertures de laine pour une tente de l’ancien modèle, et quatre pour une du nouveau, lesquelles ne seront délivrées que dans l’arrière saison et lorsque l’ordre en sera donné.

Il sera fourni de plus trois bidons par compagnie, pour contenir du vinaigre, lesquels seront portés les jours de marche par les sergents.

Les tentes destinées aux adjudants, musiciens, maîtres-ouvriers, vivandiers et blanchisseuses, seront pourvues des différents effets réglés ci-dessus pour celles des compagnies, et dans la proportion des personnes qui seront logées dans ces tentes ; mais il n’en sera pas délivré pour les tentes affectées aux prisonniers.

Indépendamment des différents effets ci-dessus, il sera délivré, par bataillon, un cordeau de front, un cordeau de profondeur, un cordeau perpendiculaire et un cordeau métrique de la longueur au moins de cent mètres pour ceux au-dessus.

Il sera également fourni aux officiers, tant pour leur personne que pour leurs domestiques, le nombre de tentes ci-après, savoir :

Au colonel, une tente complète pour se loger, et une tente de soldat à l’ancien modèle pour ses domestiques. Il sera de plus fourni au colonel ou autre commandant de chaque régiment, une marquise simple avec ses murailles, pour tenir le conseil et recevoir ses officiers ;

Au major et à chaque chef de bataillon, une tente complète pour se loger, et une tente de soldat à l’ancien modèle pour leurs domestiques ;

A chaque capitaine, adjudant-major et chirurgien-major, une tente complète pour se loger, et une tente de soldat à l’ancien modèle pour leurs domestiques ;

Au trésorier, une tente complète pour se loger, avec une tente de soldat au nouveau modèle pour son bureau, et une tente à l’ancien modèle pour ses domestiques ;

Aux lieutenants et sous-lieutenants de chaque compagnie, une tente complète pour deux, et une tente de soldat à l’ancien modèle pour leurs domestiques.

Il sera délivré aux officiers, pour chaque tente destinée à loger leurs domestiques, une pelle, une pioche, une hache et une serpe.

Il sera délivré, à l’entrée de la campagne, tant pour les officiers que pour les soldats et autres, la quantité de piquets nécessaires pour tendre les tentes, manteaux d’armes et chevalet de piquet.

 

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Sources : Règlement provisoire pour le service des troupes en campagne 1809 ( Paris )

Transmises par Frank Simon de la Bibliothèque Royale de Belgique

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